CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou parti se réfugier à Oyo, le pouvoir est-il vacant à Brazzaville ?

Ceux qui avaient des choses à faire, aujourd'hui, à Brazzaville, à Pointe-Noire, ou dans le Nibolek (Niari, Bouenza et Lékoumou) sont restés cloîtrés chez eux. Pas moyen de mettre le nez dehors. Un mot d'ordre de l'IDC-FROCAD ne reconnaît plus Sassou comme président du Congo à partir de ce 20 octobre . Alors que, dans la soirée d'hier, du lundi, 19 octobre, ceux qui croient encore avoir le pouvoir en main, signaient un communiqué invitant tous les Congolais et ceux qui ont pour deuxième patrie le Congo, à vaquer, normalement, à leurs occupations, ce mardi, 20 octobre. Tout le monde a pu s'en apercevoir : le Congo, pays de Massamba Débat, de Marien Ngouabi, du cardinal Emile Biayenda, du professeur, Pascal Lissouba, est tout, simplement, resté paralysé. La capitale, Brazzaville, s'est même vidée de ses habitants.

Ce que craignaient les hommes d'affaires français opérant au Congo, quand ils insistaient, ces derniers temps, pour que Sassou retire son texte, est en train d'arriver : les villes mortes synonymes d'assassinat de l'économie, sont d'ores et déjà expérimentées.

Au moment où on attendait le discours d'apaisement de Sassou Nguesso, c'est le ministre de l'Intérieur, Zéphyrin-Raymond Mboulou qui est venu annoncer les mesures de radicalisation du pouvoir.

Après avoir décrété cet état d'urgence qui ne dit pas son nom, Sassou a quitté Brazzaville sur la pointe des pieds. Direction Oyo, son village natal. De là, il pourrait partir, tranquillement, en exil, si ça tournait mal à Brazzaville. C'est, d'ailleurs, pour cela qu'il avait construit un aéroport international (sans trafic) à Ollombo, localité située à quelques encablures d'Oyo.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le pouvoir est, actuellement, vacant à Brazzaville. On ne sait pas, exactement, qui contrôle qui ? Qui fait quoi ? Qui peut faire comment ? La situation est volatile. La police et la gendarmerie patrouillent, certes, dans Brazzaville et Pointe-Noire où elles font, d'ailleurs, face à des manifestants prêts à en découdre. Au moins, trois commissariats ont été incendiés à Brazzaville, mais aussi, des logements de dignitaires dont on ne citera pas les noms ont, complètement, été incendiés.

Le spectacle est désolant. Quand on sait qu'il suffirait, seulement, que Sassou dise : « Je retire mon texte » pour que la paix et la tranquillité reviennent.