CONGO-BRAZZAVILLE : Vers la mise sur pied d'une plateforme de la société civile crédible et efficace

CONGO-BRAZZAVILLE : Vers la mise sur pied d'une plateforme de la société civile crédible et efficace

Le dépôt des statuts de l'ABC (Alliance pour le bien commun), la plateforme de la société civile congolaise, se fera, mardi, 13 octobre, au ministère de l'Intérieur. Mais d'ores et déjà, tout est fin prêt pour battre compagne et empêcher la tenue, en date du 25 octobre, du « coup d'état constitutionnel » qui se prépare. Chose bizarre qui mérite d'être soulignée : alors que la campagne référendaire a été officiellement lancée le 9 octobre, le texte de la nouvelle constitution n'est toujours pas disponible. Personne ne connaît ce texte qui fait tant débat au Congo. C'est du Sassou pur jus !

Dans tous les cas, l'opposition a déjà annoncé la couleur : « il n'y aura pas de vote référendaire » au Congo.

Que sait-on de l'ABC ? Composée de syndicats, d'associations, de confessions religieuses et des FRD (Forces républicaines et démocratiques), l'ABC est présidée par Anatole Libongo, avec Paulin Makaya comme vice-président chargé des questions politiques. Les FRD, qui comptent en leur sein plusieurs partis politiques comme le MDC, le JRC, l'URC, etc. sont coordonnées par Unis pour le Congo (UPC), dont le président, Paulin Makaya, est candidat à la succession de Sassou Nguesso, en juillet 2016, à la présidence de la République.

Le lancement de la désobéissance civile, par cette plateforme, n'est qu'une question de jours sinon d'heures. Les Congolais ne doivent pas s'étonner du lancement, bientôt, du pays mort ou de villes mortes, comme à Pointe Noire, la cité pétrolière, où les entreprises ne demandent qu'à travailler en vue de produire des richesses.

En prélude à ces mots d'ordre qu'il redoute, Sassou a fait arrêter, dimanche, 11 octobre, à 5h30 du matin, Henri Kabana Banza, le très actif président de l'UPC-Londjili (Pointe-Noire), pour des raisons inconnues. Détenu à l'état major, à Pointe-Noire, ce dernier a commis comme seul et unique crime, la mobilisation de l'opposition à Pointe-Noire pour le succès du prochain meeting. Ses camarades de la plateforme promettent d'organiser une marche dans la journée de mardi, 13 octobre, pour exiger sa libération, rien ne lui étant reproché.

Comme au Burkina Faso, l'opposition marchera, désormais, sur deux pieds au Congo-Brazzaville : le pied gauche avec la société civile à travers l'ABC qui se veut offensive et prête à en découdre avec Sassou et son régime chancelant, et le pied droit, avec le duo IDC-FROCAD.

Au pied qui aura plus de force pour frapper le ballon et marquer le but dans le goal (vide) de Sassou. Il ne sera plus question d'attendre des consignes d'une opposition politique (sérieusement) noyautée jusqu'aux os (pour certains d'entre eux) par Sassou et ses amis, alors que le peuple n'attendrait que des consignes qui lui ont été promises, et qui n'arrivent toujours pas au moment où le temps, lui, ne fait que passer.