Coup d'état du 16 septembre : Diendéré voulait-il céder le pouvoir à Bassolé ?

Coup d'état du 16 septembre : Diendéré voulait-il céder le pouvoir à Bassolé ?

L'arrestation du général, Djibrill Bassolé, bien avant l'assaut final des loyalistes sur le camp Naaba-Koom de Kosyam, fut une très grande surprise. Dans la journée de mardi, 6 octobre, il a été inculpé avec le général, Gilbert Diendéré, de onze chefs d'accusation dont les plus corsés sont : « attentat à la sûreté de l'Etat », « collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure », « meurtres, coups et blessures volontaires, complicité de coups et blessures et de destruction volontaire de biens ». Bassolé et Diendéré restent en prison.

Selon certaines sources, l'implication de l'ancien ministre des Affaires étrangères dans le putsch de Diendéré n'était pas neutre. Détenteur d'un vaste réseau d'amitiés à l'international, Djibrill Bassolé allait essayer de faire changer le cours de la transition, et bouleverser tout le processus, grâce à ses appuis extérieurs dans la diplomatie, notamment et d'abord, au sein des Etats de la CEDEAO.

Le diable n'est jamais loin et les Burkinabé s'en sont bien rendu compte. Bassolé avait-il la promesse de Diendéré de devenir chef d'Etat, l'image du putschiste étant exécrable ? L'enquête le dira.

En dehors de ces deux gros poissons, le pouvoir a procédé à une vague d'arrestations pour interrogatoires. Léonce Koné, deuxième vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et Me Hermann Yaméogo, président de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) dont l’arrestation a été annoncée ce lundi 5 octobre, vont faire équipe, en prison, avec l’ancienne députée du CDP, Benjamine Doamba et Abraham Badolo, président de l’Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP), une organisation de la société civile, qui a prôné l’inclusion des pro-Compaoré dans le processus électoral. Secrétaire général provincial de la section du Kadiogo du CDP, Noël Sourwèma aurait, lui aussi, été arrêté.

Ces interpellations viennent s’ajouter à d’autres arrestations, notamment, de militaires pour le rôle que ceux-ci auraient joué, dans le putsch. Il s’agit du médecin-colonel, Mamadou Bamba, qui lisait les communiqués des putschistes à la RTB, du colonel-major, Boureïma Kéré, ancien aide de camp du président, Blaise Compaoré, et chef d’état-major particulier de la présidence du Faso jusqu’au putsch, du colonel, Abdoul Karim Traoré, de la justice militaire, du commandant, Abdoul Azize Korogo, chef de corps par intérim du RSP et des capitaines, Abdoulaye Dao, chef de la sécurité rapprochée du président, Michel Kafando, et Oussène Zoumbri, spécialiste de l’armement lourd et commandant d’une des compagnies de l’ex-RSP.