AFRIQUE DU SUD : Ramaphosa va remplacer South African Airways tombée en faillite par une nouvelle compagnie. Et s'il aidait à créer une compagnie aérienne africaine ?

Le gouvernement sud-africain a annoncé, vendredi, 1er mai, qu'il allait recréer une nouvelle compagnie aérienne nationale sur les ruines de la South African Airways (SAA), dont la ruine financière a été précipitée par la pandémie du coronavirus. Cela dit, la solution durable n'est pas celle choisie par le président, Cyril Ramaphosa. Elle serait dans la création d'une compagnie aérienne africaine, composée par les pays africains qui le désirent.

Lourdement endettée et récemment placée en redressement, la SAA n'a enregistré aucun bénéfice depuis 2011 et ne survit, depuis des années, que sous perfusion permanente d'argent public. L'arrêt quasi-total du trafic aérien mondial, causé par la crise sanitaire actuelle, a rendu encore plus aléatoire la survie de la SAA, qui emploie 5.200 salariés.

Le mois dernier, le gouvernement a refusé de verser une énième aide d'urgence de 10 milliards de rands (500 millions d'euros) à la compagnie, la condamnant à mort à courte échéance. «Les parties prenantes (...) se sont mises d'accord sur une vision et une stratégie à long terme» en vue de «la création d'une nouvelle compagnie aérienne dynamique», a annoncé vendredi le ministère des Entreprises publiques.

«Ce ne sera pas l'ancienne SAA mais le début d'un nouveau voyage vers la constitution d'une nouvelle compagnie restructurée qui sera le nouvel étendard de l'Afrique du Sud», a ajouté le ministère dans un communiqué. «La transition vers la nouvelle compagnie pourrait exiger des sacrifices», a-t-il ajouté, indiquant qu'une partie des salariés de l'actuelle SAA «pourraient être déplacés».

Si on s'éloigne du cas de la SAA, le problème des compagnies aériennes est épineux en Afrique où le coronavirus est en train d'avoir raison sur plusieurs d'entre elles. Outre la SAA qui baisse, définitivement, pavillon, on note qu'Air Mauritius, jadis prospère, est aussi en redressement provisoire et que celles d'Afrique du Nord, à savoir, Egyptair, la Royal Air Maroc, Tunis Air et Air Algérie, ne font plus parler d'elles, un profil bas qui peut être un indicateur des difficultés qu'elles sont en train de rencontrer, les cieux étant fermés un peu partout dans le monde. Seule la compagnie, Ethiopian, essaie de tirer son épingle du jeu, grâce à son activité cargo, qui fonctionne en plein régime avec la Chine devenue l'usine du monde d'où partent toutes sortes de commandes passées par les pays africains. Même Kenya Airways n'arrive plus à s'en sortir.

Dès lors se pose avec acuité la question d'une compagnie aérienne continentale comme le fut Air Afrique, dans le temps, même si cette dernière ne comptait que les pays d'Afrique noire francophone à l'exception du Cameroun et du Gabon qui avaient leur compagnie. Air Afrique a disparu à cause d'une politisation extrême et une très mauvaise gouvernance. L'Union africaine, si elle veut gagner une crédibilité certaine auprès des élites du continent, devrait, activement, travailler à la mise en place d'un tel projet intégrateur, qui rendrait, réellement, service aux Africains. A l'heure où elle est présidée, pour un an, par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, il serait très indiqué que ce dernier initie une étude sur cette question et prenne ce dossier en main. En tant que leader de la nation la plus industrialisée de l'Afrique.

Le coronavirus est en train de nous apprendre que l'Afrique a les ressources de son propre développement et qu'elle doit cesser de tendre la main (tout le temps) à l'extérieur où, très souvent, on préfère l'enfoncer au lieu de l'aider à sortir du trou. Le lancement d'un projet comme celui-ci mobiliserait tout le potentiel africain sur le continent et au sein de la diaspora et serait un des exemples de ce que les Africains sont capables de faire ensemble. La diaspora pour ne parler que d'elle a besoin d'un tel challenge pour montrer aux dirigeants africains qu'elle n'est pas uniquement critique et parfois négative, mais, qu'elle peut, réellement, aussi, être utile en participant à la résolution des problèmes (épineux).

La balle est donc dans le camp de Cyril Ramaphosa et de Moussa Faki Mahamat qui est le patron de la Commission de l'Union africaine (notre photo).

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