ANGOLA : La faillite menace le pays à cause du très faible prix du baril

La chute du cours du baril, à 28 dollars, ces derniers jours, contre, environ, 105 dollars, en 2014, a entraîné le kwanza dans une vertigineuse descente : en un an, son cours officiel a perdu 35% de sa valeur face au dollar.

Les banques, en manque de liquidités, ne changent, quasiment, plus le kwanza et c’est sur le marché noir que les compatriotes du président, Ingénieur José Eduardo dos Santos (notre photo avec son épouse Ana Paula dos Santos) se précipitent pour troquer leurs économies dans une monnaie plus stable. On échange un dollar contre 335 kwanzas", au lieu de 155 kwanzas au taux officiel.

En décembre, le gouverneur de la Banque nationale de l'Angola, José Pedro de Morais, avait, pourtant, assuré qu'il n'y avait "pas de crise du dollar dans le pays".
"La balance des paiements est déficitaire et il y a moins de ressources étrangères, mais, le budget de l'Etat pour l'exercice 2016 tente de répondre à cette difficulté temporaire", avait-il assuré.

Quelques jours après cette annonce, la banque centrale a, pourtant, dévalué de 15% sa monnaie contre le dollar.

Cette dévaluation n'est pas "une surprise étant donné les prix du pétrole, la pression sur le gouvernement des réserves de change et les revenus inférieurs au budget du gouvernement", selon une note interne d'une banque régionale.

"Une monnaie plus faible est nécessaire pour aider à ralentir la demande d'importations et aider les exportations", précise la note qui explique que le baril devra remonter au-dessus de 45 dollars pour stabiliser le kwanza. Aujourd'hui, on en est loin.

Tino Mario Salomao est un homme d’affaire spécialisé dans l’importation de produits de télécommunication qu’il vend dans sa boutique de Luanda: "Nous sommes arrivés à un tel stade que nous ne pouvons plus effectuer nos voyages. A l’allure où ça va, nous allons être en rupture de stock", s'inquiète ce commerçant de 41 ans qui doit changer ses kwanzas en devises étrangères pour acheter des produits à des grossistes en Chine, en Inde ou à Dubaï.

Le 19 janvier, les banques privées, Atlantico et Standard Bank, ont, en outre, annoncé qu’elles allaient limiter le plafond des achats pour les Angolais à l’étranger.
"Certains produits ont vu leur prix multiplié par quatre ou cinq. Il y a un an, on pouvait encore trouver un téléphone pour 50 USD, soit, 5000 kwanzas de l'époque. Désormais, il faut compter entre 15 000 et 17 000 kwanzas", poursuit-il.

Un tarif inaccessible pour la majorité de la population dont plus de la moitié vit avec l'équivalent de moins de deux dollars par jour.
Et selon le gérant, personne n'a anticipé l'ampleur et la durée de cette crise.

Désormais, "beaucoup d’entreprises plus grandes ont mis la clé sous la porte. Comment faire pour payer dix ou vingt employés ? Nous, avec trois salariés, nous survivons pour le moment".

A Africampos, un des nombreux marchés de la ville, Isabel Paiva, une vendeuse de 36 ans a de plus en plus de mal à écouler ses produits.
Avec ses maigres revenus, cette mère de quatre enfants arrive encore "à acheter un peu de poisson et de la viande" pour sa famille, mais achète désormais "surtout des produits de l’agriculture locale".

Malgré sa puissance économique, l'Angola détient le triste record du monde du taux de mortalité infantile, selon un rapport de l'ONU publié, en 2015, avec 167 décès pour 1.000 naissances.
Dans 60% des cas, cette mortalité est causée par la malnutrition, une statistique alarmante que la situation économique angolaise risque d'aggraver ces prochains mois.

Avec AFP

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