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AIDE PUBLIQUE AU DEVELOPPEMENT : La France a grand mal à s'auto-réformer ( La Françafrique est omni-présente)

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mer 03/03/2021 - 12:33
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Un budget en hausse, un recentrage sur les pays d’Afrique subsaharienne, une priorité accordée aux dons plutôt qu’aux prêts, la France veut réformer son aide au développement. L’Assemblée nationale a adopté, mardi, 2 mars, en première lecture, un projet de loi dans ce sens. Avec cette nouvelle doctrine, Paris compte se distinguer du modèle chinois et regagner en influence sur le continent, dit-on. Mais, la réalité est toute autre. En effet, la France refuse de se regarder dans un miroir. C'est comme si elle préférait essuyer la poussière en évitant, soigneusement, d'enlever la crasse sur le col de la chemise. Le problème de l'inefficacité de l'aide publique française en Afrique continuera de se poser tant que subsistera la Françafrique (qui fait vivre une certaine élite française depuis des lustres sur le dos de l'Afrique). Or, ce n'est pas demain la veille que Paris aura le courage de tourner le dos à ses vieilles (mauvaises) pratiques en Afrique, avec des dirigeants féodaux qu'il maintient en place et qui l'aident à garder un certain rang sur le plan économique, mais aussi, de l'influence au niveau du Conseil de sécurité des Nations-Unis. Emmanuel Macron peut dire ce qu'il veut. Il est même très bon dans la communication. Mais lui-même a été confronté à cette réalité et s'est, littéralement, aplati, couché. Au point qu'il devient pire que certains de ses prédécesseurs.

C’est une promesse vieille de plus d’un demi-siècle : en 1970, les pays de l’ONU s’engageaient à consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l’aide au développement (APD). Cinquante ans plus tard, la France, grande avocate (ou porte-parole) de l'Afrique aux Nations-Unies, n’a toujours pas tenu parole. Mais, nous jure-t-on, les choses pourraient bientôt changer sous la pression des députés. A Afrique Education, on a dépassé l'âge de rêver debout.

C'est vrai que l’Assemblée nationale a voté, mardi, 2 mars, un texte visant à porter l'aide publique au développement à 0,55 % du revenu national brut à la fin du quinquennat en 2022. Les députés ont, aussi, inscrit dans la loi que la France "s'efforcera" en "2025" de consacrer "0,7 % de son revenu national brut" à l’APD. Relativisons en disant qu'à l'Assemblée nationale, il n'y a que des beaux parleurs et d'illustres rêveurs qui ne voient pas toujours la réalité des choses. Ou même quand ils voient cette réalité et proposent des solutions réalistes, ils sont rarement suivis pour des tas de raisons par les gouvernements.

Ci-dessous Emmanuel Macron avec un pilier de la Françafrique le Congolais Denis Sassou-Nguesso qui veut se faire réélire dès le premier tour le 21 mars prochain avec l'appui de Paris alors qu'il serait incapable de faire 10% des voix dans un scrutin transparent. Et puis la France vient parler d'APD ? Qui profite au final de cette aide (détournée) ?

Ici, à Afrique Education, on parie que parler d'une hausse d'APD française est une nouvelle utopie. Car au moment où la dette publique française atteint 120% du PIB (vice-championne en Europe après l'Italie qui en est à 160% du PIB), personne ne voit quelle marge de manœuvre budgétaire (en dehors de l'endettement additionnel) pourra faire que la France remplisse cette obligation qu'elle n'est pas arrivée à remplir quand ses finances étaient un peu plus florissantes. Ce n'est pas parce que l'objectif de 0,7% a été inscrit dans la loi qu'il se réalisera. La France reste la France : un pays colonial qui ne tient aucun engagement qui puisse lui faire perdre ses positions dans ses ex-colonies.

Ci-dessous, la France soutient Idriss Déby Itno dans sa malgouvernance. Un autre pilier de la Françafrique. La France a conseillé à Déby d'organiser sa réélection pour un 6e mandat de 5 ans le 11 avril pendant sa présidence du G5 Sahel parce que personne n'aurait le courage de contester sa fraude pendant que les soldats tchadiens combattent les djihadistes au Sahel. Ca commence tellement bien que Déby cherche déjà à zigouiller ses opposants (comme Yaya Dillo) qui veulent lui tenir tête à cette présidentielle. Sous l'oeil complaisant des soldats français stationnés à N'Djamena.

L'APD française a atteint 10,9 milliards d'euros en 2019, 12,8 milliards en 2020 et poursuivra sa hausse cette année. Il s'agit d'un chiffre et de rien plus. Le problème est que tout ne va pas au développement effectif. Beaucoup de cette aide est consacré à l'administration, et beaucoup est aussi détourné. D'autre part, cette somme va, aussi, dans les autres pays du tiers monde qui sont éligibles auprès de la France dans cette aide.

Dernière erreur à ne plus commettre : comparer l'aide française à l'aide chinoise. Ce sont deux entités incomparables dans cet aspect des choses. Car l'Afrique pèse d'un poids que la France est (et sera de plus en plus) incapable de supporter alors que la Chine, elle, supporte l'Afrique avec une aisance financière que personne ne nie ni ne conteste en Afrique.

Il faudra donc que la France apprenne à faire chemin aux côtés de la Chine en Afrique et non qu'elle cherche à se comparer à la Chine car l'ère du choix d'un modèle est dépassé chez les Africains, qui ont appris à être réalistes.

Si la France vient avec (dans) un esprit de compétition, elle ne fera pas le poids, même avec l'Europe derrière elle.

 

 

 

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