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OUGANDA : Le groupe Total en échec pour non respect des normes environnementales

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jeu 18/03/2021 - 12:04
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Les grandes banques Barclays et Crédit Suisse ont annoncé qu'elles ne financeraient pas le projet controversé de l'EACOP (East African Crude Oil Pipeline), le plus grand oléoduc chauffé du monde qui traverserait l'Ouganda et la Tanzanie, dont le Groupe Total est le principal opérateur et qui fait l'objet d'une action en justice en France. La société civile africaine et internationale appelle les autres banques, à commencer par les françaises, financeurs habituels du géant pétrolier français, à suivre leur exemple.

Barclays et le Crédit Suisse ont pris publiquement cet engagement après qu'une lettre ouverte signée par 263 organisations du monde entier (2), a été envoyée à 25 banques considérées comme les plus susceptibles d'être sollicitées pour un financement.

« Barclays n'a pas l'intention de participer au financement du projet d'oléoduc d'Afrique de l'Est », a déclaré la banque britannique dans sa réponse à l'interpellation de la coalition d'organisations africaines et internationales de défense de l'environnement et des droits humains récemment formée (3). Le Crédit Suisse a, également, confirmé qu'il « n'envisage pas de participer au projet EACOP ». D'autres banques, comme la United Overseas Bank (UOB), ont, également, fait des déclarations encourageantes (sur notre photo Yoweri Museveni préside la cérémonie de lancement du projet en novembre 2017 en présence de la représente du président tanzanien).

Les ONG ont appelé à ce que d'autres banques comme le Crédit Agricole, JPMorgan Chase et Citi - tous des majeurs financeurs de Total – suivent le même exemple : « Le projet EACOP est manifestement incompatible avec les efforts mondiaux visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Les banques ne peuvent tout simplement pas avoir le beurre et l'argent du beurre : on ne peut pas prétendre être sérieux à propos du changement climatique et soutenir des projets destructeurs de climat comme l'oléoduc EACOP ».

Juliette Renaud, responsable de campagne aux Amis de la Terre France, a réagi : « Alors que Total a lancé une offensive de communication sur ses activités en Ouganda, nous espérons que les banques françaises, qui font partie de ses financeurs habituels, ne se laisseront pas séduire par cette opération de greenwashing ».

Et d'ajouter : « En plus des risques climatiques et environnementaux, nos enquêtes de terrain (4) révèlent de graves violations des droits humains déjà causées par l’EACOP, avec des dizaines de milliers de personnes privées de leurs moyens de subsistance avant d'avoir reçu la moindre compensation. Nous exhortons les banques françaises à s'engager rapidement et publiquement à ne pas financer ce projet, inacceptable à tous points de vue ».

Lucie Pinson, fondatrice et directrice de Reclaim Finance, poursuit : « Les 4 plus grosses banques françaises ont accordé plus de 16 milliards de dollars de financements à Total entre 2016 et 2020 (5), malgré leurs engagements maintes fois réitérés en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique. Leur silence sur le projet EACOP est incompréhensible, alors que d’autres banques, moins-disantes en matière climatique, ont déjà exclu de financer ce projet ».

Samuel Okulony, directeur général de l'Environment Governance Institute, basé en Ouganda, a déclaré que les dix prochaines années seront cruciales pour les efforts pour enrayer la crise climatique et qu'un oléoduc qui générera chaque année 34 millions de tonnes supplémentaires d'émissions de CO2 serait désastreux. Selon lui, « Il est temps que les banques se placent du bon côté de l'histoire. Produire et transporter plus de pétrole ne fera qu’aggraver la situation. En revanche, investir dans les énergies propres et les emplois qui en découlent profitera à tous. C'est ce que nous voulons pour les communautés en Ouganda et dans les pays voisins ».

La Standard Bank d'Afrique du Sud, qui est depuis 2017 l'un des trois principaux conseillers financiers d'EACOP, a annoncé qu'elle attendait les résultats d'une étude d'impact environnemental et social qu'elle a commanditée avant de prendre une décision sur le financement du projet. 

Ci-dessous, une photo montre la complicité entre Yoweri Museveni et son homologue tanzanien John Magufuli qui vient de mourir le 17 mars de covid.

David Pred, directeur exécutif d'Inclusive Development International, a déclaré que ce serait un coup dur pour le projet si la Standard Bank se retirait, étant donné le rôle clé qu'elle a joué dans l'obtention du prêt de 2,5 milliards de dollars nécessaire pour financer la construction de l’oléoduc. Il considère ainsi : « Toute évaluation crédible conclurait que ce projet est trop risqué pour les millions de personnes dont il mettrait en péril les ressources en eau et pour notre climat qui se réchauffe rapidement et qui ne peut tout simplement pas se permettre un autre projet pétrolier massif ».

« Malheureusement, j'ai vu des entreprises préparer des évaluations d'impact plutôt douteuses. J'espère donc qu'il ne s'agit pas d'un simple exercice de relations publiques pour la Standard Bank, qu'elle entreprendra un véritable examen des risques de l'EACOP et agira en fonction de ses conclusions », a-t-il ajouté.

S'étendant sur environ 1 445 kilomètres, l'oléoduc menace d'expulser des milliers de familles et d'agriculteurs de leurs terres et poserait des risques importants pour les ressources en eau et les zones humides, notamment, le bassin du Lac Victoria, dont dépendent plus de 40 millions de personnes pour leur eau potable et l'agriculture. L'oléoduc traverserait de nombreuses zones à la biodiversité sensible et risquerait d’affecter considérablement plusieurs réserves naturelles essentielles à la préservation d'espèces menacées d'éléphants, de lions et de chimpanzés.

 

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