CONGO-BRAZZAVILLE : La compagnie aérienne nationale ECAIR en faillite

Il y a quelques jours, la compagnie ECAIR (Equatorial Congo Airlines), un très beau nom, du reste, déposait son bilan en France. Incapable de faire face à ses obligations vis à vis de ses créanciers. Ce n'est pas loin d'être le cas, aujourd'hui, au Congo-Brazzaville.

Pour preuve, ses avions sont interdits de décoller, depuis le 10 octobre, par l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) qui lui réclame des impayés importants.

"En raison de l’endettement, la direction générale de l’Asecna vient d’instruire la suspension de la fourniture des services de la navigation aérienne à tous les vols d’Ecair sur toutes les plateformes Asecna à compter du 10 octobre 2016", indique la lettre adressée par l’Asecna à l’Agence congolaise de l’aviation civile (Anac), qui en a accusé réception le 17 octobre.

La lettre ne donne aucune indication sur le montant de la dette réclamée. Mais selon nos informations, il s'agit d'une somme de l'ordre de 800 millions de F CFA (12 millions d'euros ou 16 millions de dollars).

Vendredi, 21 octobre, à l’aéroport de Maya-Maya de Brazzaville, aucun vol Ecair n’était programmé au grand dam de ses clients, qui ont découvert une note sur ses bureaux sur laquelle on pouvait lire : "pour des raisons opérationnelles, la compagnie Ecair vous informe que tous nos vols domestiques, régionaux et internationaux sont suspendus". Conséquence, les passagers d'ECAIR sont laissés en rade, à Paris, à Dubaï, à Beyrouth, à Bamako, à Dakar, à Douala, à Cotonou, et à Libreville. Le comble pour cette compagnie qui annonçait vouloir damer le pion à ses aînées de la sous-région, l'Equato-Guinéenne, Ceiba, et la Camerounaise, Camair Co.

Créée en 2011 par un coup de tête du dictateur, qui rêvait de faire de Maya Maya, un hub sous-régional, à l'instar de Casablanca, Nairobi, Johannesburg, Addis Abeba, Lomé, Maurice, et en concurrence directe avec Douala, ECAIR est dirigée par une de ses protégées, Fatima Beyina-Moussa (notre photo), qui est une parente à lui et qui n'arrivait à la faire fonctionner que grâce aux multiples et substantielles subventions du gouvernement.

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