CORONAVIRUS : Air France/KLM va-t-elle rater la haute saison ?

Dans son intervention, ce mardi, 5 mai, dans une école des Yvelines, à Poissy, en région parisienne où fréquentent les enfants du personnel soignant COVID-19, le président, Emmanuel Macron, a annoncé une limitation des déplacements à l'étranger pendant les vacances d'été, y compris peut-être dans les pays de l'Union européenne, précisant qu'une décision serait prise début juin suivant l'évolution de l'épidémie de coronavirus.

Sera-t-il possible de partir en vacances à l'étranger cet été ? Interrogé ce  mardi 5 mai sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron a, prudemment, déclaré : "Il est trop tôt pour vous dire si on pourra avoir des vacances. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on va limiter les grands déplacements internationaux même pendant les vacances d'été. On restera entre Européens, peut-être, en fonction de l'évolution de l'épidémie, il faudra même réduire un peu plus, mais c'est trop tôt pour le dire. On le saura début juin".

Ce serait un véritable drame pour la compagnie, Air France/KLM, qui avait annoncé son retour progressif dans le ciel à partir de juillet prochain. Car lui priver la haute saison où chaque compagnie réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires annuel, la plongerait, complètement, dans l'abîme, au moment où l'Etat jure de vouloir la sauver. En effet, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé un prêt de 7 milliards d'euros à la compagnie franco-néerlandaise : 4 milliards seraient alloués par les Banques commerciales et garantis par l'Etat et ce dernier sortirait, directement, de ses caisses, la somme de 3 milliards d'euros. On a compris qu'il n'est pas du tout envisagé de subvention, encore moins, une renationalisation de la compagnie, qui serait ruineuse pour l'Etat en ce temps de récession économique.

De son côté, l'Etat néerlandais devrait prêter entre 2 et 4 milliards d'euros.

Mais, à Air France, l'intervention des deux Etats est loin d'être satisfaisante, d'où la préparation d'un vaste plan de licenciements habillé en départs volontaires et une tarification des billets d'avion qui serait à la hausse, surtout, sur des lignes africaines où Air France/KLM assassine, tout simplement, ses clients avec des prix hors normes, du fait de l'absence d'une réelle concurrence.

C'est dans ce contexte que le président, Emmanuel Macron, semble dire qu'il risque de ne pas avoir de haute saison à cause du coronavirus alors que la compagnie a planifié une reprise graduelle de ses vols long courrier en juillet. C'est à dire en haute saison.

On imagine que ça va batailler très dur entre le gouvernement et la direction d'Air France car, à partir du moment où le président de la République a décidé de lancer le déconfinement d'autres secteurs économiques du pays, sans suivre l'avis de son Conseil scientifique, le retour d'Air France dans les cieux Hors Schengen sera aussi, forcément, politique. Il n'y a donc pas lieu de trop s'inquiéter dans la mesure où la compagnie française, sur ses vols desservant Paris CDG en provenance des DOM/TOM, impose, déjà, un masque pour chaque voyageur, et dit changer l'air de la cabine, toutes les trois à six minutes. Ce qui est sûr c'est que les mesures de sécurité au départ et à l'arrivée seront draconiennes : si un voyageur est suspecté de maladie en présentant par exemple une température anormalement élevée, il ne pourra pas embarquer. Et dès l'arrivée du vol à Roissy, les voyageurs présentant des températures élevées seront mis en quarantaine, soit, 14 jours au vert.

Concurrente d'Air France/KLM, Brussels Airlines qui est une filiale de la Lufthansa, a écrit à ses passagers, il y a quelques jours, pour leur annoncer le retour de ses avions dans les cieux internationaux, début juin, après l'avoir espéré pour le 17 mai.

Pays européen le plus touché avec 8.016 morts COVID-19, chiffre de ce mardi, 5 mai, la Belgique, malgré tout, s'y prépare activement.

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