CORRUPTION EN SIERRA LEONE : L'ex-président Ernest Bai Koroma interdit de quitter le territoire

Les enquêteurs anti-corruption en Sierra Leone ont annoncé, mercredi, 30 septembre, avoir convoqué l'ancien président, Ernest Bai Koroma, après que les autorités ont promis de récupérer des dizaines de millions de dollars, qui se seraient volatilisés sous sa présidence. Initiée par son successeur à la présidence, cette enquête a déjà conduit plus d'une centaine de personnes en prison et touche de plus en plus l'ancien chef de l'Etat.

En effet, plusieurs anciens responsables de l'administration Koroma, au pouvoir de 2007 à 2018, ont, déjà, été arrêtés dans le cadre de la lutte contre la corruption et le gaspillage des fonds publics engagée par son successeur, Julius Maada Bio. Après un an de travaux, une commission d'enquête a conclu, en mars dernier, que des millions de dollars restaient introuvables après avoir épluché les comptes de ministères (Education, Jeunesse, Mines) et d'entreprises publiques. La Commission anti-corruption de Sierra Leone, une institution indépendante qui poursuit l'enquête, a réclamé que l'ex-président Koroma comparaisse devant elle en personne le 5 octobre, a indiqué mercredi son porte-parole, Patrick Sandy.

Les partisans de l'ex-formation au pouvoir, l'APC, ont, à plusieurs reprises, dénoncé une «chasse aux sorcières». Le ministère de la Justice a indiqué en début de semaine que Ernest Bai Koroma n'était pas autorisé à quitter le territoire national en raison de cette enquête. La mesure concerne, également, quelque 130 personnalités liées à son régime, dont d'anciens ministres, d'ex-hauts fonctionnaires, des députés et d'anciens dirigeants de sociétés publiques.

L'économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016, la chute des cours mondiaux des matières premières et l'apparition, cette année, du nouveau coronavirus. L'actuel président a promis de «tirer un trait» sur la corruption dans son pays et d'obliger les anciens responsables de rendre les sommes manquantes.

Bref, ça chauffe en Sierra Leone (sur notre photo Ernest Bai Koroma avec Barack Obama en 2013). Deux ans après son départ du pouvoir, il a une enquête pour mauvaise gestion sur le dos tandis que Barack Obama avec une gestion propre à la tête des Etats-Unis ambitionne même de faire élire président son ancien vice-président Joe Biden. Cherchez l'erreur.

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