DEVELOPPEMENT : Pour R. Mugabe, « Le Zimbabwe vient juste après l'Afrique du Sud »

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a affirmé, ce jeudi, 4 mai, contre toute évidence, que son pays, qui traverse, depuis des années, une très grave crise économique et financière, était "le pays le plus développé d'Afrique après l'Afrique du Sud".

Camarade Bob a fait cette déclaration lors de son apparition au Forum économique mondial sur l'Afrique réuni à Durban (Est de l'Afrique du Sud).

Interrogé lors d'une discussion sur les Etats "en échec", il a démenti dans un grand éclat de rire que le sien faisait partie de cette catégorie : Bien sûr que ce n'est pas vrai (…). Nous ne sommes pas un pays pauvre et nous ne pouvons pas être un Etat fragile", a-t-il assuré, bien calé dans son fauteuil.

Et de poursuivre : "Je peux considérer l'Amérique comme fragile, ils se sont mis à genou devant la Chine", avant de conclure : "Le Zimbabwe est le pays le plus développé d'Afrique après l'Afrique du Sud, je voudrais savoir quel pays a le niveau de développement que nous avons atteint au Zimbabwe", a-t-il insisté, citant, notamment, son niveau d'éducation.

Agé de 93 ans, Big Brother tient encore sur ses deux pieds. Et même si les valeurs africaines imposent le respect (scrupuleux) des anciens, on est obligé de mettre en doute sa capacité de jugement, bien qu'il soit à la tête de son pays depuis 1980.

Grenier de l'Afrique australe, le Zimbabwe se débat depuis le début des années 2000, une funeste crise économique et financière dévastatrice, provoquée en partie par la réforme agraire ratée, a plongé ses 15 millions d'habitants dans le chômage de masse et la plus extrême pauvreté. Résultat : Près de 90% de la population active est, officiellement, au chômage et 80% du budget de l'Etat sert à payer ses fonctionnaires.

Mais grand point positif pour Camarade Bob : malgré l'addition des efforts de Londres, de Washington, et accessoirement, de Paris, Bruxelles et Berlin, pour, politiquement, l'abattre et le chasser du pouvoir, il a plié mais n'a jamais rompu même quand l'inflation se retrouvait à trois, voire, quatre chiffres, ce qui est un taux inconnu des économistes. A certains moments, on s'est retrouvé à Harare avec une brouette de billets de banque pour acheter une simple baguette de pain. Mais grâce à quelques soutiens (Afrique du Sud, Libye, Chine et autres), Robert Mugabe a pu résister devant cette coalition même si le prix social est fort douloureux. Depuis, il s'est, résolument, tourné vers les BRICS (notre photo où il est avec le président chinois, Xi Jinping, et sud-africain, Jacob Zuma), qui ne lui veulent, apparemment, aucun mal.

Camarade Bob souhaiterait mourir au pouvoir. Est-ce pas nécessité ou par simple égoïsme ? Il a d'ores et déjà annoncé son intention de briguer un nouveau mandat en 2018. Il aura alors, exactement, 94 ans. Objectif : atteindre les 100 ans au pouvoir comme il avait annoncé aux militants de la Zanu-PF, son parti politique, lors d'un meeting.

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