REFORME DE L'AIDE AU DEVELOPPEMENT : L'Afrique refuse l'«aide » française (qui n'en est pas une) et préfère un partenariat gagnant-gagnant

La France veut réformer son aide au développement pour "proposer une autre voie" à ses partenaires en Afrique, face à de nouveaux acteurs comme la Chine, la Russie, la Turquie, ont annoncé, jeudi, 17 décembre, les ministres des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et de l'Economie, Bruno Le Maire (notre photo). Le problème, c'est que l'Afrique ne veut pas l'aumône française. L'Afrique ne veut pas d'«aide » venant de la France. Car si l'aide pouvait développer, au moins, un pays d'Afrique noire francophone serait, déjà, développé. Mais, on en est très loin. Les anciennes colonies françaises d'Afrique sont parmi les pays les plus pauvres du monde. Qui peut le nier alors que ces pays ont, tous, un sous-sol très riche et exploité de manière unilatérale par la France. L'« aide » est, en fait, détournée par les élites politiques françaises et africaines et n'a jamais, réellement, atteint les peuples vers qui elle est destinée. Plus grave, il ne s'agit pas d'«aide » à proprement parler car les fonds de celle-ci proviennent, en grande partie, du compte d'opération du Trésor français qui gère les dépôts F CFA des 14 pays africains membres. Ces immenses sommes placées sur les marchés financiers, produisent, nécessairement, des intérêts colossaux qui, eux, selon le bon vouloir de Paris, sont prêtés ou alloués au titre des subventions ou autres aides budgétaires de différentes sortes, à des Etats africains concernés. Autrement dit, on ne peut pas parler d'«aide » quand la France utilise les intérêts de l'argent des pays africains pour leur allouer des concours financiers. C'est juste un abus de langage et de positionnement. 

Jean-Yves Le Drian a rappelé que l'aide au développement française a atteint près de 11 milliards à la fin 2019, ce qui a permis à la France "de revenir dans le jeu après quelques années d'éclipse". D'ici à 2022, elle sera portée à 0,55% de la richesse nationale, contre 0,44% actuellement, "un objectif tout à fait atteignable".

Un projet de loi a été présenté mercredi pour "impulser un nouvel élan" à cette politique de développement, a indiqué M. Le Drian, soulignant qu'elle est "l'aboutissement de trois ans de travail", en concertation avec tous les acteurs de l'aide au développement, y compris les ONG et les parlementaires.

Ce texte marquera un "changement de braquet" en termes de volume d'aide mais, "il ne s'agit pas uniquement de faire plus mais aussi de faire mieux", a dit le ministre.

Pour les 19 pays prioritaires d'Afrique sub-saharienne, l'aide sera concentrée "sous forme de dons" et la France entend aussi mieux définir ses priorités thématiques, en investissant sur "l'avenir des biens publics mondiaux", comme la santé, la préservation du climat et de la biodiversité, l'éducation et l'égalité de genre.

Sur notre photo, en octobre 2018, lors d'une réunion de la zone franc, à Paris, le gouverneur de la BEAC, Abbas Toli Mahamat, celui de la BCEAO, ‎Tiemoko Meyliet Koné, et de la Banque centrale de l'Union des Comores en plus d'Odile Renaud-Basso, directrice générale du Trésor français et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Le ministre Bruno Le Maire est au centre de la photo en tant que patron de la zone franc. Et on nous parle de monnaie africaine (instrument de souveraineté) ? On se moque des Africains !

Les propos entendus ne sont qu'une littérature diplomatique de Jean-Yves Le Drian. Mais, ceci ne peut concerner les 19 pays prioritaires d'Afrique sub-saharienne parce que c'est la énième fois qu'on entend ce discours lénifiant.

Une remarque : la France, déjà, n'a pas les moyens de sa politique dans les banlieues où la situation se tiermondise, ou pire, s'africanise. Qu'elle s'occupe d'abord de ses propres problèmes sociaux où le taux de pauvreté est en forte expansion.

D'autre part, les pays africains souhaitent qu'il soit mis un terme à la Françafrique, cette fâcheuse politique de mainmise française sur tous les secteurs de la vie des pays africains francophones. Cela va du maintien des chefs d'Etat honnis par les peuples mais qui fraudent les élections pour rester en place avec le soutien de la France, à l'exploitation du sous-sol des pays africains sans réelle contrepartie pour les peuples d'Afrique, en passant par le double-jeu de l'armée française en Afrique comme au Sahel où elle est accusée de jouer le rôle à la fois de pyromane et de sapeur pompier, pour permettre à la France de mieux capter la souveraineté des pays concernés.

Conclusion : Le Drian et Le Maire ont la sous-moyenne. Il faut qu'ils reprennent leur copie.

 

 

 

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