CONGO-BRAZZAVILLE : Les boursiers de l'Université privée de Marrakech sous la menace d'une expulsion du campus pour défaut de paiement

Le dictateur 5 étoiles, Denis Sassou-Nguesso, a une gouvernance alambiquée. Alors qu'il reçoit en grandes pompes, à Brazzaville, du 27 au 29 octobre, à l'occasion de la commémoration du 80e anniversaire du « Manifeste de Brazzaville », il laisse ses enfants mourir de faim au Maroc. Si on ne sait pas exactement ce qu'est le « Manifeste de Brazzaville », on imagine que cette rencontre coûtera beaucoup d'argent au trésor public, le dictateur ayant dépêché son lobbyiste préféré, Jean-Yves Ollivier, auprès de plusieurs de ses homologues.

Le président, Sassou, tient beaucoup à son image. En plus, comme il s'agit de la France, il ne va pas rechigner à la dépense pour faire chic. Pourtant, les caisses du pays sont vides et les étudiants congolais qu'il a envoyés étudier à Marrakech, sont menacés d'expulsion si les 9 millions d'euros (6 milliards de F CFA) attendus par l'Université privée de Marrakech (UPM) ne sont pas payés le 30 octobre au grand tard.

Afrique Education vole au secours de ces étudiants d'autant plus que ce n'est pas la première fois que Sassou envoie les étudiants à l'étranger et oublie de s'en occuper. Cela est déjà arrivé, par le passé, aux boursiers congolais envoyés à Cuba, dans les pays de l'Est et même dans les pays africains. Bref, le dictateur est un mauvais payeur quand il s'agit de payer les bourses et les frais afférents aux études des Congolais à l'étranger. Il est par contre très bon payeur quand il faut financer des manifestations mondaines du genre 80e anniversaire du « Manifeste de Brazzaville ». Ainsi que des publireportages dans les magazines français.

Que dire de ce fameux ministre de l'Enseignement technique et professionnel, de la Formation qualifiante et de l'Emploi du Congo, qui, depuis 2014, n'a rien fait pour faire payer les 8,893 millions d'euros de l'UPM alors que cette dernière s'occupe des enseignements, de la restauration, du logement, des soins de santé, des étudiants du Congo-Brazzaville ?

« On ne sait plus à quel saint se vouer. Nous avons décidé unanimement de nous rendre, tous, à l'Ambassade du Congo, à Rabat, à compter du 30 octobre 2020, vu que c'est la dernière date pour nous de libérer le campus. Nous avons multiplié des messages auprès de notre gouvernement, mais ceux-ci sont classés sans suite », ont écrit ces étudiants à notre rédaction.

Quant à la note d'expulsion signée Fatima Zohra el Mehdi, directrice des Opérations de l'UPM, elle se veut menaçante : « Nous avons fixé la date du 30 octobre pour arrêter la délivrance des prestations, à savoir, scolarité, résidence, restauration, si aucun paiement n'est payé par l'Etat congolais avant cette date. Par conséquent, vous devez prendre toutes vos dispositions pour quitter l'université ».

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