CORONAVIRUS : Harvard, le MIT et les universités californiennes attaquent Trump

Les plus prestigieuses universités américaines ont décidé de s’attaquer aux décisions de Donald Trump. Le président des Etats-Unis souhaite, en effet, forcer le départ des étudiants étrangers, afin de limiter la progression du nouveau coronavirus. Du racisme pur et simple que refusent, catégoriquement, les universités concernées. De plus en plus contesté, Trump a du mal à imposer ses choix et on imagine que sa fin de mandat sera tumultueuse.

L’inquiétude monte chez des milliers d’étudiants étrangers aux Etats-Unis, désormais, sous la menace d’un départ forcé par l’administration de Donald Trump ou contraints de retourner sur leur campus alors que la pandémie de Covid-19 flambe.

Mais, les universités ont décidé de contre-attaquer. Dans le sillage d’Harvard et du MIT (Massachusetts Institute of Technology), suivies par la majorité des campus de Californie, les établissements américains ont déposé des plaintes au civil devant les tribunaux fédéraux, afin de bloquer la décision du président de révoquer les visas pour les étudiants étrangers dont les cours se feront en ligne à la rentrée. Les plaintes visent, notamment, la police fédérale de l’immigration et des douanes (ICE) et le ministère de la sécurité intérieure.

L’enjeu est de taille. Ils sont, en effet, plus de 40 000 étudiants étrangers dans les universités publiques de Californie, et près de 5 000 à Harvard, des établissements qui ont prévu de ne proposer que de l’enseignement en ligne cet automne.

Selon une décision annoncée, lundi, 6 juillet, par la police de l’immigration américaine (ICE) - et contestée en justice par Harvard et le MIT - ils n’ont plus le droit de séjourner sur le territoire américain, victimes collatérales d’un coup de force de Donald Trump pour faire rouvrir toutes les écoles et universités du pays malgré la pandémie.

Aujourd’hui, la majorité des universités américaines (84 % selon le site Chronicle of Higher Education) s’orientent vers une formule en personne ou hybride, mêlant cours virtuels et enseignement sur le campus, qui permettrait à leurs étudiants étrangers d’échapper à l’expulsion dont les menace la nouvelle mesure du gouvernement Trump.

Certaines, comme l’université de Californie du Sud (USC), qui était partie pour faire quasiment tout en ligne, travaillent à une nouvelle formule pour offrir davantage de cours en personne.
Mais, beaucoup redoutent une résurgence de la pandémie à l’automne, qui contraindrait les établissements à basculer complètement en ligne, et pousserait les étudiants étrangers au départ.

Après avoir doublé en 15 ans, le nombre d’étudiants étrangers aux Etats-Unis piétine depuis 2015, à quelque 1,09 million en 2019, selon l’Institut de l’Education internationale (IEE).
Les tarifs prohibitifs de la plupart des grands établissements américains, la montée en puissance d’universités concurrentes, en Europe, notamment, et la politique migratoire de Donald Trump ont rendu les Etats-Unis moins attractifs.

Les décisions récentes « risquent d’affaiblir l’un des plus grands atouts des Etats-Unis, à savoir, son système éducatif, le meilleur au monde » pour les études supérieures, avertit Aaron Reichlin-Melnick, du Conseil américain sur l’immigration (AIC).

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