FRANCE : De nombreuses facs mobilisées après l'immolation par le feu d'un étudiant

Le syndicat Solidaires étudiant-e-s a appelé à des rassemblements dans une quarantaine de villes, après ce geste "extrême" qui illustre une situation de précarité "commune". C'est la première fois qu'un étudiant s'immole par le feu parce qu'il n'en peut plus de souffrir. Parce que la vie devient très très dure.Le syndicat Solidaires étudiant-e-s a appelé à des rassemblements dans une quarantaine de villes, après ce geste "extrême" qui illustre une situation de précarité "commune". C'est la première fois qu'un étudiant s'immole par le feu parce qu'il n'en peut plus de souffrir. Parce que la vie devient très très dure.

"Un geste désespéré qui en dit long sur notre précarité actuelle" : plusieurs centaines d'étudiants se sont réunis, dans la matinée du, mardi, 12 novembre, devant le siège du Crous à Lyon, où l'un d'eux s'est grièvement brûlé en s'immolant par le feu, vendredi, 8 novembre (notre photo). Touché à 90%, ce jeune de 22 ans est, toujours, "entre la vie et la mort" à l'hôpital. Après ce geste "extrême" qui illustre une situation de précarité "commune", le syndicat Solidaires étudiant-e-s a appelé à des rassemblements dans une quarantaine de villes françaises.

La place devant le Crous de Lyon était bondée mardi matin. "Nous ne sommes pas à l'abri d'autres tentatives de suicide", a lancé un militant au haut-parleur. "Nous exigeons une prise de position publique du ministère".

En difficulté financière – il avait perdu sa bourse en "triplant" sa deuxième année de licence à l'Université Lyon 2 –, le jeune homme a expliqué son geste dans un message posté sur son compte Facebook. Certains passages de ce texte ont été tagués sur les murs du bâtiment, devant lequel la foule compacte s'est réunie.

Sophie, étudiante en 3e année de sciences sociales, est venue au rassemblement avec une pancarte. "J'ai eu des gros problèmes de santé l'année dernière, je n'ai pas pu assister à certains examens, à cause de ça, j'ai dû redoubler et le Crous m'a coupé les vivres", a expliqué celle qui dit devoir "faire les poubelles pour manger".
A la mi-journée, la manifestation a débordé sur le campus de l'Université Lyon 2 et la présidence a annoncé la fermeture administrative de tous les bâtiments "en raison d'un blocage en cours et d'actes de vandalisme".

A Saint-Etienne, d'où l'étudiant immolé est originaire, 150 personnes se sont rassemblées ce mardi. Un cousin de la victime a salué "son acte héroïque", lançant aux participants : "Continuez à vous battre, c'est ce qu'il voudrait. Qu'il n'ait pas fait ça pour rien."

A Lille, dans le Nord, quelque 300 à 400 personnes se sont rassemblées à la mi-journée devant le Crous de Lille derrière des pancartes disant, "La précarité tue, la solidarité fait vivre". Les étudiants ont, ensuite, défilé dans les rues avant de pénétrer dans la faculté de droit. 

Ces étudiants ont empêché une conférence de l'ancien président, François Hollande, sur la crise de la démocratie de se tenir. Ils ont déchiré des feuilles de plusieurs exemplaires du livre de l'ancien chef de l'Etat, Répondre à la crise, et ont scandé, notamment, "Lyon, Lyon, ni oubli ni pardon". La conférence a, finalement, été annulée.

Déjà, présent dans l'enceinte de la faculté, François Hollande n'est, finalement, pas apparu devant les étudiants et a quitté les lieux.

Des rassemblements à Metz, Nantes, Toulouse..., ont, également, eu lieu. En effet, des dizaines de personnes se sont mobilisées dans d'autres villes étudiantes aux abords des Crous et des universités, comme à Metz, Limoges, Nantes, Montpellier ou encore Toulouse. A Pau, une soixantaine de personnes se sont rassemblées.

La colère des étudiants et des lycéens est, toujours, particulière en France. Elle est capable de faire tomber le ministre de l'Enseignement supérieur ou de l'Education nationale, comme on le voyait, régulièrement, par le passé, sous les gouvernements de droite. Quand ils démarrent leurs revendications, il faut, rapidement, y apporter des réponses pour éviter la récupération politique, et l'effet boule de neige.

Le jeune président est dans le collimateur des étudiants, qui l'ont fait plier, il y a quelques mois, sur la question de l'augmentation exponentielle des frais universitaires pour les étudiants étrangers non européens. Une victoire importante. Mais, Macron les a, déjà, pris au dépourvu. Dès son arrivée au pouvoir, il leur a enlevé une somme modeste d'environ 5 euros mensuels sur l'allocation que la CAF leur verse au titre d'aide au logement. Un scandale du début du quinquennat qui a montré que le France, désormais, était dirigée par un ancien banquier d'affaires pour qui, même un centime d'euro avait de la valeur. Les 5 euros enlevés avaient pour but de faire des économies en France.

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