SOUDAN DU SUD : Pourquoi le pape François a-t-il craint d'y aller en personne !

Le Vatican a annoncé, mercredi, 21 juin, que le pape François avait décidé de soutenir une série de projets d'aide au Soudan du Sud, à défaut de pouvoir s'y rendre, lui-même. Le Soudan du Sud est un pays en guerre, qui aurait mobilisé, énormément, des moyens juste pour la sécurité du Saint-Père ? Cela fait débat car en Centrafrique, malgré les réserves de la France, qui avait un contingent de plus de 2.000 militaires sur place, le pape avait bravé les interdits et était venu prier avec les chrétiens et les musulmans centrafricains (notre photo montrant le pape à la mosquée centrale de Bangui au PK5 causant avec deux jeunes musulmanes), donnant par la même occasion, une bonne leçon de tolérance et d'espérance. Et contrairement aux craintes, tout s'était très bien passé. Pourquoi n'a-t-il pas répété cette expérience à Juba au Soudan du Sud ? Les chrétiens de ce nouveau pays indépendant auraient, pourtant, tout donné pour accueillir l'évêque de Rome.

Cela dit, il ne les a pas oubliés. En effet, le Vatican versera près de 500.000 euros pour deux hôpitaux tenus par des sœurs catholiques, un programme de formation d'instituteurs et un projet d'achat de semences et d'outils pour 2.500 familles d'agriculteurs.

Par ce geste, le pape entend envoyer "un signe concret de sa proximité" avec le pays plongé depuis fin 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts, selon Mgr Peter Turkson, chef du dicastère (ministère) du Développement humain intégral.

On peut croire Mgr Turkson quand il affirme : "Le Saint-Père n'oublie pas les victimes que personne n'écoute de ce conflit sanguinaire et inhumain" : "Assez des armes, assez des viols, assez des morts".
Le pape avait déclaré, à plusieurs reprises, qu'il souhaitait se rendre au Soudan du Sud avec son homologue anglican, Justin Welby, mais, le Vatican a annoncé, fin mai, que les conditions n'étaient pas réunies pour un voyage cette année. Peut-être l'année prochaine ?

Selon Mgr Turkson, aller au Soudan du Sud ne suppose pas qu'on est un héros : "Il suffit de parler un peu anglais et d'avoir le coeur bien accroché" pour être sûr de supporter plus d'horreurs en deux ans au Soudan du Sud qu'en 25 ans en Ethiopie. Tout simplement.

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