FIFA : Bonne chance à l'empereur Issa Hayatou nommé président par intérim de l'organisation

FIFA : Bonne chance à l'empereur Issa Hayatou nommé président par intérim de l'organisation

Voilà, donc, Isaa Hayatou, président de la Fifa. Pour trois mois. Au moins. Il doit cette promotion à la suspension, pour trois mois, du président sortant de la Fifa, le Suisse, Sepp Blatter, et de l'actuel patron de l'Uefa, le Français, Michel Platini.

"Pour une durée de 90 jours, Joseph Blatter n'a pas le droit de représenter la Fifa de quelque manière que ce soit ni d'agir en son nom", a indiqué un communiqué de l'instance suprême du foot mondial, qui souligne, par ailleurs, que le président en titre, est de fait, "relevé de ses fonctions" en raison de cette suspension. Ce qui veut dire qu'Issa Hayatou sera aux commandes de la Fifa jusqu'à la désignation du prochain président de la Fifa. C'est un coup de tonnerre dans le ciel suisse.

Selon les statuts de cette organisation, l'empereur du football africain, le Camerounais, Issa Hayatou, étant le "plus ancien vice-président du Comité exécutif en poste", il est d'office le nouveau patron de l'organisation, en attendant la désignation du successeur du Suisse.

"J'occuperai cette fonction uniquement à titre intérimaire. Le Congrès extraordinaire choisira le 26 février 2016 un nouveau président et je ne serai moi-même pas candidat à cette élection", a d'ores et déjà déclaré le Camerounais, pas bête du tout, d'annoncer vouloir quitter un poste qui commence à dévorer un par un, sans discontinuer, presque tous ses meilleurs prétendants. L'empereur préfère régner sur le football africain, sans partage, mais, on le lui reconnaît, avec de très bons résultats.

Mais comme pour tout long règne, n'y a-t-il rien à redire sur sa gestion à la CAF (Confédération africaine de football) ?

Agé de 69 ans, il est président de la CAF depuis 1988 et membre du comité exécutif de la Fifa depuis 1990, tout en étant, aussi, président de la Commission des finances de la Fifa.

Opposé à Blatter lors de l'élection de 2002 pour la présidence de la Fifa, Blatter avait réussi l'exploit d'avoir le soutien des autorités camerounaises contre, lui, Hayatou, le fils du pays. Il avait fini par comprendre cette leçon de géo-réalisme à la camerounaise, en composant avec le Suisse. Blatter parti, dans le déshonneur, on ne sait à quelle fin l'empereur est destiné pour ce qui est du football africain. Même si tout ce qui se ressemble ne s'assemble pas.

Une fausse note, cependant, à l'excellente carrière d'Issa Hayatou : l'état de coma avancé du football du Cameroun, après avoir fait rêver tout le continent pendant les décennies 1990 et 2000. Les Lions indomptables ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils furent avec les Emmanuel Kunde, Dr Abéga, Manu Mvé, Thomas Nkono, Omam Biyick, Roger Milla, et plus, récemment, Song Bahanag, Patrick Mboma, Samuel Eto'o, Sorel Ndjitap et beaucoup d'autres (nous citons de mémoire mais la liste est très loin d'être exhaustive). A sa décharge, Issa Hayatou, bien que patron de la CAF, n'a pas de compétence avérée pour gérer le football camerounais qui dispose d'une fédération. C'est vrai. Mais à quoi sert-il pour un pays d'avoir des fils comme lui à des postes aussi prestigieux s'ils ne peuvent pas être d'un apport dans leur terroir ? Surtout quand on a besoin d'eux.

L'Afrique ne doit pas bouder son plaisir de voir un de ses enfants présider aux destinées du football mondial, même si c'est pour 90 jours. Ce sont des choses qui n'arrivent qu'une fois dans une vie.

Alors, Bonne chance à l'empereur !

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