GABON : L'ancien premier ministre Jean François Ntoutoume Emane démissionne du parti au pouvoir

GABON : L'ancien premier ministre Jean François Ntoutoume Emane démissionne du parti au pouvoir

La rumeur le disait très mécontent de la façon dont le Gabon est géré. Comme quoi, Radio-Trottoir ne colporte pas que des ragots. Hier, vendredi, 2 octobre, l'ancien maire de Libreville, Jean-François Ntoutoume Emane, a réuni une partie du gotha politique de la capitale, pour faire ses adieux au parti politique qui lui a tout donné, le Parti démocratique gabonais (PDG).

Le départ de cet ancien membre du Conseil des sages du PDG montre à souhait que l'hémorragie continue de frapper le parti et qu'il n'existe, pour le moment, aucune stratégie pour l'arrêter.

Ancien très proche collaborateur du patriarche Ondimba, Jean-François Ntoutoume Emane est celui qui avait battu le record de longévité au poste de premier ministre : près de sept ans sous le patriarche, juste avant d'être recasé à la Mairie de Libreville. Il a un background qui parle pour lui et c'est quelqu'un qu'on doit avoir avec soi que contre soi.

Après le départ des hiérarques comme Jean Ping, Jacques Adiahénot, René Ndemezo'o Obiang, pour ne citer que les plus capés, sachant que d'autres démissions sont d'ores été déjà annoncées, et non des moindres, il ne serait pas inutile que le secrétaire général du parti, Faustin Boukoubi, fasse faire un audit, avant d'embrasser les très difficiles échéances qui arrivent.

Certaines sources font état de la colère montante de la mère du président, Patience Dabany, devant la déliquescence grandissante du PDG. Sur quoi son fils va-t-il s'agripper pour être réélu en août prochain ? Une question à plusieurs milliards de dollars pour le moment sans solution.

Jean-François Ntoutoume Emane, fidèle parmi les fidèles du patriarche Ondimba, s'est écroulé pendant qu'il prononçait son réquisitoire de trois heures contre la gestion d'Ali qu'il avait, fortement, et logiquement, soutenu, en 2009. Il ne regrette pas ce soutien (car il a fait ce qui était attendu de lui) mais il a immédiatement demandé pardon au peuple gabonais pour les conséquences de son choix.

Après avoir passé plusieurs jours, à New York, à la 70e Assemblée Générale des Nations-Unies, le président gabonais est rentré vendredi soir, 2 octobre, à Libreville. Après l'épisode de « Héritage et Modernité », voilà une nouvelle crise qui s'offre au locataire du Palais du Bord de Mer.