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CRISE POST-COVID : Pourquoi la France est (rigoureusement) incapable d'aider l'Afrique

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lun 31/05/2021 - 19:19
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Le 18 mai dernier, le président français, Emmanuel Macron, a convoqué un Sommet, à Paris, sur la Relance des économies africaines post-covid. Ce Sommet qui avait l'ambition de réunir tous les grands pays du monde (Etats-Unis, Chine, Allemagne, Royaume-Uni, etc.) a été boudé par eux, sauf en visioconférence parlant de l'Allemagne. Le fiasco a été total dans la mesure où rien n'y est sorti. En réalité, que pouvait-on attendre de la France dont l'endettement cumulé (2650 milliards d'euros) est plus de quatre fois plus que celui de tous les pays africains réunis (600 milliards d'euros) ? Avec un taux d'endettement de 117% du PIB, la France est virtuellement en faillite. Comment peut-elle se lever et dire qu'elle va sauver l'Afrique ?

Le déficit de 2021 sera, pour finir, de 220 milliards, soit 47 milliards de plus que prévu lors de l’établissement du budget, en décembre 2020. Le gouvernement va présenter, le 2 juin, un projet de loi de finances rectificative de 15 milliards d’euros, qui serviront au financement de l’activité partielle et à des aides ciblées pour les entreprises en difficulté.

Le gouvernement n’a pas encore donné la nouvelle estimation du déficit public comprenant celui de l’Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales, mais, il va grimper en flèche. Or, il était déjà à 9 % du PIB, un chiffre effroyable. Bruno Le Maire, ce matin, a indiqué qu'il serait de 9,5%. Ne dépassera-t-on pas les 10, voire, 11% avant fin décembre ?

Fin 2021, la dette publique dépassera sans nul doute le chiffre calamiteux de 118 % du PIB (117% à l'heure actuelle). 220 milliards d'euros de déficits pour 250 milliards de recettes, cette situation est épouvantable. La France va emprunter près de la moitié de son Budget, une folie qui ne peut durer. Qui va continuer à prêter à un pays aussi englué dans les dépenses ? Elle a beau emprunter encore à taux bas (+0,3 % pour les prêts à 10 ans), cette facilité est provisoire et va bientôt s’arrêter si rien n’est fait pour redresser les comptes. Or, la croissance, parallèlement, s’effondre. On pensait avoir décroché +0,4 % de croissance au premier trimestre 2021, un chiffre qui aurait été intéressant. Las ! Un nouveau calcul montre qu’en réalité, le pays affronte une baisse de 0,1 % de croissance. En cause, une reprise de l’activité et de l’investissement dans le bâtiment bien moins forte que ne l’avait évalué dans un premier temps l’INSEE.

La présidente de la commission de l'Union européenne avec quelques chefs d'Etat.La présidente de la Commission de l'Union européenne avec quelques chefs d'Etat : La Chine, les Etats-Unis, le Royaume Uni, le Japon, l'Allemagne, etc. ont boudé le Sommet de Macron.

Le gouvernement espère toujours une augmentation de 5 % du PIB en 2021, mais cela risque d’être problématique après ce mauvais chiffre du premier trimestre. Le PIB reste encore à 4,7 % en dessous de celui de fin 2019, avant la crise sanitaire, et l’acquis de croissance, qui correspond à ce qui arriverait si le niveau de l’activité restait le même qu’au premier trimestre 2021, n’est plus estimé qu’à 3,5 %, contre 4,1 % précédemment. En revanche, la chute du PIB en 2020 vient d’être minorée à 8 %, contre 8,2 % estimés jusque-là. Bruno Le Maire escompte une très forte accélération du PIB à l’été, portée par la consommation des ménages, à l’image de celle qui a eu lieu après le premier confinement. L’INSEE ne donne aucune prévision pour 2021, tandis que la Banque de France table sur 5,5 %, l’OCDE sur 5,9 % et la Commission européenne sur 5,7 %. Mais on peut craindre que ces chiffres ne soient trop optimistes. En effet, la consommation des ménages n’a augmenté que de 0,1 % au premier trimestre, la production de 0,4 % et l’investissement de 0,2 %. Le revenu disponible des ménages à baissé de 0,2 %, mais reste supérieur à ce qu’il était avant la crise. De plus, en avril, la fermeture des magasins non essentiels a probablement provoqué un effondrement de la consommation des ménages, en partie compensé par le boom qui a suivi la réouverture de ces boutiques.

La France arrivera peut-être à sortir la tête de l’eau (mais rien n’est sûr) si la vaccination évite une quatrième vague, mais, si celle-ci, provoquée par le variant indien (ou un autre), se produisait, le pays risquerait tout simplement de tomber en faillite.

Dans ces conditions, on ne comprend pas que le président, Emmanuel Macron, au lieu de consacrer ses forces en vue du redressement de son pays (qui en a bien besoin), se disperse à convoquer des sommets (sans queue ni tête) sur la relance des économies africaines, sans réelle concertation préalable avec les autres grands pays. Des efforts qui se soldent par des échecs retentissants ou au final, on déplore la perte de temps et d'énergie pour tout le monde, surtout, pour les dirigeants des pays africains invités à Paris, uniquement, pour les beaux yeux d'Emmanuel Macron.

 

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