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CAMEROUN : Décès inattendu du cardinal Christian Tumi ce samedi matin à Douala

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sam 03/04/2021 - 12:04
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Le cardinal comme on l'appelait ( car il y en a pas deux au Cameroun) va laisser un grand vide comme jamais. Il était malade et hospitalisé depuis quelques jours. Il laisse une église catholique certes puissante mais assez divisée par des clans partisans du pouvoir et ceux qui ne soutiennent franchement pas le régime en place. Le cardinal ne cachait d'ailleurs pas son appartenance à cette deuxième catégorie. Il laisse surtout une région anglophone dévastée par plus de quatre années de crise.

 

Déjà, il faut clarifier les choses : le cardinal n'est pas mort de covid comme on commence à l'entendre à voix basse. Il faut dénoncer cette rumeur montante à un moment où 95% des morts au Cameroun sont considérés comme des morts covid quand bien même ils ne le sont point. Il faut, aussi, rappeler que celui qui a officialisé sa mort, lors d'une messe en la cathédrale Saint-Pierre et Paul, ce samedi, 3 avril, matin, à savoir, Mgr Samuel Kléda, est un naturopathe hors pair, qui a mis au point un traitement qui a pu guérir (contre zéro décès) plus de 20.000 malades covid depuis 2020. Son traitement, totalement, gratuit car financé par de bonnes âmes, se donne dans des services de santé des évêchés du Cameroun à toute personne malade catholique ou non, titulaire d'un test covid positif. C'est pour dire que si jamais le cardinal avait choppé le covid, il aurait été traité par son successeur désigné à l'archevêché de Douala, Mgr Samuel Kléda, lui-même. Et non par les médecins catholiques de l'évêché.

 

Mort à 91 ans, le prélat était la voix morale la plus autorisée du Cameroun anglophone (sur notre photo il est fait docteur honoris causa le 26 octobre 2016 par l'Université catholique de l'Afrique centrale à Yaoundé). Il a mis sur la scène publique les revendications du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au point d'être, finalement, taxé de « Chef des Ambazoniens ». Qu'il n'était point. Mais, après les bons points donnés au gouvernement qui avait organisé le dialogue national en octobre 2019 pour trouver des voies et moyens de se sortir de cette crise, le cardinal reconnut les avancées du pouvoir dans la recherche des solutions, contrairement, à certains politiciens et ambazoniens qui accusèrent Yaoundé de faire du surplace ou de tourner en rond. Tumi était un homme indépendant, qui prenait position en son âme et conscience.

 

Un membre du comité central du parti au pouvoir, le RDPC, le critiquait, dans les années 2000, d'ignorer les vraies réalités du pays parce qu'il n'était pas père de famille avec femme et enfants comme eux qui en savent quelque chose, du fait qu'ils sont confrontés à ces dures réalités de la vie. Au moment de sa mort, on n'avait plus ce genre de propos désobligeants à son endroit.

 

Enlevé pendant près de 48 heures le 5 novembre 2020 dans les environs de Kumbo (on ne saura jamais s'il s'agissait d'ambazoniens ou de bandits : les deux se mélangent et se confondent parfois rendant difficile la résolution du conflit), il avait tenu le langage de la vérité à ces jeunes gens qui, comme repas du soir, lui avaient servi un riz non mangeable selon les propos du cardinal. La nuit, il ne put fermer l'oeil à cause des moustiques qui avaient fait la fête sur son corps. Dès le lendemain, fatigués d'entendre ses vérités d'homme de Dieu, ces bandits ou ambazoniens (on ne le saura jamais) l'avaient « remis » aux responsables catholiques de la zone qui étaient à sa recherche, dès que la nouvelle de sa disparition avait été rendue publique.

Feu le cardinal avec à sa droite Mgr Samuel Kléda.

 

 

La disparition du cardinal laisse un vide même si à son âge, on savait bien que tôt ou tard, il serait rappelé par celui qui l'avait mis en mission au sein de l'église. Totalement incontrôlable aussi bien dans la sphère politique nationale (même le parti SDF ne pouvait pas dire s'il était son sympathisant ou non) que dans l'église catholique où ses positions étaient inspirées par sa foi d'homme de Dieu, il a laissé comme successeur spirituel Mgr Samuel Kléda qui essaie de suivre ses pas en affichant une indépendance, qui en étonne plus un mais qui est à l'image de son mentor décédé ce samedi 3 avril.

Quand on écoute Kléda, il y a du Ntumi dedans. Avant, certains pouvaient dire : mieux vaut l'original à la copie. Maintenant que l'origine n'est plus, on n'aura plus le choix que de suivre celui qui, de tous les évêques camerounais, lui ressemble le plus.

 

 

 

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