Aller au contenu principal

CONFERENCE NATIONALE SOUVERAINE : Aux confins des traditions et de la modernité politique

Image
Partager
Categorie
mer 21/07/2021 - 15:31
Body

Les principes de gouvernance des institutions précoloniales peuvent-elles inspirer l’invention d’une modernité politique africaine pour nos sociétés ? Les conférences nationales des années 1990 ont tenté d’ébaucher une réflexion sur la problématique à l’instar de celle du Congo tenue, il y a trente ans à Brazzaville, du 25 février au 10 juin 1991, convoquée dans des circonstances évoquées dans un article paru dans l’édition du 19 mars dernier de Sacer-info.com (https://sacer-infos.com/1991-2021-annee-30-de-la-conference-nationale-s…). Cet  anniversaire est passé incognito faute d’éveil d’une opposition sombrant, encore, dans la léthargie de l’assassinat du vainqueur réel de l’élection présidentielle du 21 mars dernier, Guy Brice Parfait Kolelas.

Sa non-célébration n’altère toutefois en rien la valeur politique de cette révolution silencieuse dont l’héritage, à savoir, l’esprit qu’elle a suscité et les institutions qu’elle a établies, demeure un socle inébranlable pour la démocratie congolaise en construction. Avec une transition institutionnelle d’une année, 1991-1992, et un seul mandat de cinq ans d'expérimentation des institutions démocratiques instaurées, l'œuvre de la Conférence nationale souveraine (CNS) a été d'une très courte durée mais le ferment de pluralisme qu'elle a insinué dans la conscience collective des Congolais lui donne une vitalité historique inaltérable malgré le temps écoulé. Les analystes congolais, toutes spécialités confondues, s’accordent unanimement sur le caractère jusque-là irremplaçable de ses institutions et l'imprescriptibilité de ses principes.

Le secret de la perpétuité de la CNS réside irrévocablement dans l'une de ses caractéristiques substantielles, à savoir, sa situation aux confins des traditions et de la modernité politique. En effet, dans son déroulement, la CNS avait adopté une démarche qui juxtaposa et concilia des mécanismes empruntés aux us et coutumes congolais et à la modernité politico-juridique. Cet éventail de moyens d'action est enveloppé dans un symbolisme appelant une interprétation pour tout lecteur peu initié à la culture congolaise. La CNS a été une assemblée sui generis présentant toutes les caractéristiques d'un "mbôngi", cette institution coutumière rappelant l'arbre à palabres congolais, et d'un parlement moderne. Ses moyens et procédés consistèrent aussi bien dans une expression libre et critique, rappelant les rites traditionnels de contrition de transgressions ou un lavement de mains pour les aspects coutumiers et la constitution de commissions, l'adoption d'actes obligatoires, l'établissement d'institutions et l'élection de personnalités chargées de les animer. Il s’agit, dans ce texte, de voir le plus succinctement possible, l’interaction dialectique entre les rationalités traditionnelles et modernes dans la recherche de solutions pratiques et durables aux problèmes nationaux sous le prisme des traditions kôngo à travers une sélection de quelques rites et institutions.

Séance de lavement des mains à la fin de la CNS en juin 1991.Séance de lavement des mains à la fin de la CNS en juin 1991.

Le choix des personnalités

Si le choix de la présidence du presidium de la CNS a porté sur un prélat, Monseigneur, Ernest Kombo (notre photo), jésuite, évêque du diocèse d'Owando, il faut relever que celui-ci a été assisté d'une religieuse, Sœur Brigitte Yengo, premier Questeur, portant à deux, le nombre de religieux en titre contribuant à la conduite de ces états généraux. Ce choix, qui ne relève pas du hasard est plutôt révélateur d'une volonté de changement radical dans la gouvernance de l'Etat à cette période cruciale de l'histoire de notre pays. Il est l'aboutissement d'une réflexion menée séparément sur différentes plates-formes mais dont les délibérations avaient concouru fortuitement à un consensus : la désignation d'une personnalité politiquement neutre pour présider ces états généraux. A l'orée de l'ouverture des assises, un éminent penseur, professeur de droit constitutionnel à l'Université Marien Ngouabi, feu Grégoire Mavounia, soutint dans un article paru dans La Semaine Africaine, la tenue, par devers tout, de la conférence nationale comme "une brèche dans laquelle il fallait s'engouffrer". Il recommanda conséquemment pour sa présidence une personnalité d'une probité morale et d'une impartialité reconnues. Telle personnalité ne devait évidemment ni sortir du sérail du PCT, parti au pouvoir, pour éviter toute position de juge et partie, ni de l'opposition pour préserver la caste régnante de toute iniquité de jugement et de sentiments revanchards. La sagesse recommanda le choix d’une tierce personne impartiale pour départager deux parties en conflit.

Cette personnalité espérée du côté de la société civile surgit inattendument des rangs du clergé grâce à la prépondérance de la logique coutumière sur les rationalités juridiques et idéologiques. Du point de vue idéologique, le choix d'un membre du clergé était improbable du fait de l'hostilité viscérale des démagogues pseudo-marxistes du Parti congolais du travail (PCT) régnant vis-à-vis de la religion qu'ils considéraient comme l'opium du peuple. Sur le plan juridique, un religieux aurait été inéligible pour cette fonction du fait de son statut en raison du principe de la séparation de l'église et de l'Etat. L'élection des religieux dans ce conseil s'est réalisée grâce à la primauté de la rationalité coutumière sur toutes autres considérations. La rationalité coutumière est évidemment aiguillonnée par l'esprit d'équité dont l'ultime finalité est la préservation de l'équilibre social et de la parité des individus ou parties en présence poursuivis dans le procès de résolution de conflits.

Le président Sassou décore le président de la CNS.Le président Sassou décore Mgr Kombo le président de la CNS pour travail bien accompli.

L'éthique judiciaire du "mbôngi" accorde une place prépondérante au statut du chef de famille, de clan, de village et de canton qui cumule aussi les fonctions de juge du degré de juridiction correspondant à la taille de l'entité gouvernée. Dans cette rationalité, l'autorité du chef est intrinsèquement liée à la personnalité du chef traditionnel, juge individuel ou membre de jury, dont la probité morale surtout est une caractéristique identifiant. Cette logique prima ainsi à l'élection de Monseigneur Kombo dont la personnalité vérifia les critères requis pour la fonction de président du présidium de la conférence nationale.

Le "mbôngi" ancêtre du parlement congolais

Le mbôngi est souvent réduit à sa dimension architecturale de paillote ornant les quartiers ou concessions claniques des villages congolais ou bantu et à son aspect sociologique de rassemblement familial du soir autour d'un feu pour le partage de dîner ainsi qu’à la veillée conviviale subséquente offrant aux jeunes une opportunité d'échange culturel et pédagogique avec les anciens du clan, ces puits de sciences dont les enseignements magistraux lui ont conféré le statut d’université bantu, de creuset de la sagesse. Ces acceptions bien que correctes, méritent d’être complétées par les fonctions juridictionnelles et politiques du mbongi, cette institution auxquelles la CNS avait eu recours.

En effet, historiquement, le « mbôngi » à été l'une des institutions capitales du Royaume Kôngo. Il était une chambre sinon le parlement même, une assemblée ou un conseil, en tout cas, une institution pivôt du système politique qui a fait la gloire de la monarchie Kôngo avec comme attributions, entre autres, l'élaboration des normes régissant le fonctionnement du royaume, la conduite ou la supervision du processus de succession au trône et le règlement des conflits de nature politique. Institution fondamentale dans le passé, le mbôngi a perdu son prestige et ses lettres de noblesse avec la décadence du royaume Kôngo du fait de la conquête portugaise, de la colonisation et de l'asservissement de son peuple. A cela s’ajoutent le déni des institutions coutumières par les administrations coloniales belge et française et l’adoption des institutions politiques importées à l’indépendance. Institution complexe et hiérarchisée dont la première instance était la cellule familiale, le mbôngi a survécu à l'effondrement du Royaume Kôngo et à l’indépendance à travers la famille, le village et la contrée.

Il est évident que les communautés culturelles non-Kôngo du Congo ont eu dans le passé ou conservent encore des institutions identiques ou assimilables au mbôngi dont l'évocation aurait pu être un apport enrichissant de l'approche comparée du sujet mais l'absence d'éléments d'analyse en notre possession ne peut que susciter un regret et laisser ouvert un champ d'étude à prospecter.

Le déroulement des débats

La thématique des débats de la CNS était illimitée, donc, ouverte à tous les sujets de société ayant constitué un grief pour un individu, une communauté quelconque ou la nation toute entière. Tous les sujets étaient abordés sans censure ni tabou en séance plénière, dans un esprit de liberté d’expression garantie par l’immunité parlementaire qui protégeait les délégués. Toutefois, si limitation de l’expression il y a eu, elle était intrinsèque à chaque intervenant que son libre arbitre dictait ce qu’il fallait dire ou ne pas dire en public. Ainsi, la nation est restée frustrée sur la manifestation de la vérité de certaines affaires cruciales comme les grands crimes politiques qui ont ensanglanté le pays, à savoir, l’assassinat de deux présidents de la République, Marien Ngouabi en plein exercice et son prédécesseur, Alphonse Massambat-Débat, ainsi que, celui du cardinal, Emile Biayenda, et des hauts-fonctionnaires Matsokota, Massoueme et Pouabou sur lesquels le mystère n’a été levé qu’à moitié au point que l’énigme demeure. Tous les crimes socioéconomiques : scandales financiers, détournements de fonds publics, gestion chaotique des entreprises publiques, etc. ont été évoqués en séance plénière. Toutes les affaires ont été confiées à des commissions spécialisées pour investigation et recherche de solutions appropriées conformément à la pratique du « mfûndu » dans la procédure judiciaire kôngo, ces sous-commissions chargées de l’études de questions incidentes en cours de procès.

En poste pour la transition, Sassou à la présidence, André Milongo à la primature et Mgr Kombo au parlement.Le trio de la transition : Sassou à la présidence, André Milongo à la primature et Mgr Kombo au parlement. Kombo et Milongo sont morts empoisonnés. Par qui (question à 5.000 F CFA) ?

La conférence nationale avait beau se tenir dans un cadre infrastructurel moderne, son déroulement rappelait tout de la palabre africaine, sous l’arbre de la justice, « ce lieu de rassemblement traditionnel à l’ombre duquel les citoyens s’expriment librement sur la vie en société, sur les problèmes du village, sur la politique à mener et sur l’avenir ». C’est d’ailleurs le recours à nos traditions culturelles, au « mode ancestral de résolution et de règlement de litiges » qu’elle a dû son succès car on imagine difficilement une solution légale à tout le lot de différends portés à sa connaissance. Sous la voûte du Palais des Congrès, les conférenciers avaient retrouvé leur humanité perdue du temps du « mbôngi » sous l’autorité conciliatrice d’un prélat, Monseigneur Kombo, réincarnation du « nganga Nzambi », le prêtre de Dieu du Royaume Kôngo. Ici, Monseigneur Kombo avait la lourde mission de laver en famille le linge sale de la nation congolaise, conformément au principe kôngo du règlement des litiges familiaux au « mbôngi ». C’est dans cette institution comme « dans la palabre que se règlent les conflits entre personnes, entre villages et communautés, et c’est dans ce lieu de rencontre que se manifeste la sagesse africaine dans sa grandeur et dans sa splendeur en mettant, au centre des préoccupations de la communauté humaine le principe du dialogue, de la concertation et de la décision prise de commun accord (consensus) ». C’est dans cet esprit de justice fondée sur la réparation et la recherche de l’équité que Monseigneur Kombo a dirigé la CNS dont le but initial était de « parvenir à une solution concertée sans pénaliser l’une ou l’autre partie, tout en préservant les relations sociales », conformément à l’interprétation de Fweley Diangitukwa, dans son article  La lointaine origine de la gouvernance en Afrique : l’arbre à palabres paru dans Revue Gouvernance, Volume 11, numéro 1, 2014  (https://www.erudit.org/fr/revues/gouvernance/2014-v11-n1-gouvernance02933/1038881ar/) à qui nous devons les citations insérées dans ce paragraphe. D’aucuns se souviennent encore fraîchement de l’évocation par Monseigneur Nkombo de maximes et proverbes lari pour départager et concilier des opinions divergentes des conférenciers.

Le lavement des mains

La CNS se termina par un acte rituel spectaculairement interpellant : le lavement de mains par tous les conférenciers en plein air sur le parvis du Palais des Congrès. Ceux qui ont vécu l'événement se souviennent encore de cette image emblématique des conférenciers se lavant tour à tour les mains dans un ordre protocolaire scrupuleux. Cette phase formellement rituelle de clôture définitive se déroula plutôt dans une espèce de bonne ambiance, expression d’une bonne fin de ce conseil qui incarna l’espoir de tout un peuple et détermina l’avenir d’une nation entière. Elle suscita une liesse populaire chez les Congolais satisfaits de l’aboutissement de ces assises. Toutefois, au-delà de l’aspect spectaculaire, ce rite de lustration a apporté à la CNS une dimension spirituelle dénotant d’une interférence du sacré avec le temporel, un concours du religieux et du traditionnel volant au secours du juridique et du politique en vue d’un renforcement d’efficacité de toute action en cours. La conférence nationale n’aurait hypothétiquement pas terminé sur cette note rituelle si elle n’avait pas été présidée par un prélat. En témoigne la précédente conférence nationale du 31 juillet 1973 qui, tenue par les démagogues du PCT, tous des apprentis marxistes aux prétentions athéistes, n’eut aucune approbation ni légitimité populaires. La présidence du prélat facilita la réconciliation du politique et du religieux et ramena, de ce fait, la politique dans son champ originel, la société, tout en restituant le pouvoir à son détenteur attitré, le peuple. Ce fut de nouveau la légitimation du pouvoir politique après un quart de siècle d’usurpation par une junte militaire totalitariste.

Le lavement des mains n’est en réalité pas une exclusivité rituelle congolaise. C’est un rite universel dont la symbolique se résume essentiellement à deux significations : la purification du cœur, de la pensée ou de l’esprit et la disculpation ou le déni de responsabilité. Tout le monde se souvient de l’anecdote de Ponce Pilate se lavant les mains en public pour décliner sa responsabilité sur la condamnation à mort de Jésus. Tous les liquides sont utilisables à des fins de purification en fonction des rites, des circonstances et du but poursuivi mais l’eau demeure le purificateur par excellence. En effet, « le grand rôle que joue l'eau dans la purification est connu chez tous les peuples. Qu'il s'agisse d'aspersion ou de bain, l'eau est reconnue pour sa propriété de dissoudre la saleté ; elle régénère et fait renaître une nouvelle vie. Son action purificatrice est présente dans les écrits du Nouveau Testament autant que dans ceux de l'Ancien Testament », affirme Chijika Kongolo, dans son article, Les lustrations d’eau dans les écrits bibliques,  https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/2001-v57-n2-ltp2170/401353ar.pdf.

Cependant, en dépit du caractère universel des rites de lustrations, c’est de nos traditions locales que Monseigneur Kombo et ses conférenciers se sont directement inspirés pour réhabiliter une pratique ancestrale de règlement de conflits, le lavement de mains, pour clôturer la CNS. Selon les traditions kôngo, lorsqu’une maladie d’un membre de la famille, un sort d’un individu ou une crise quelconque comporte des implications d’ordre spirituel, le chef de famille convoque une réunion familiale, une assemblée de contrition, une séance de rémission de transgressions au cours de laquelle chaque membre de famille concerné à quelconque titre prend librement la parole pour se justifier, faire un mea culpa ou se disculper, assumer ou décliner sa responsabilité. Le chef de famille, en vertu de ses pouvoirs spirituels, intercède auprès des mânes pour la guérison du malade ou pour conjurer tout mauvais sort planant sur l’individu ou la famille. Et pour rétablir l’harmonie de la relation entre les vivants et aïeux, le chef de famille organise un rituel de purification de conscience par l’eau où chaque membre de la famille procède au lavement de mains. C’est la réintroduction de ce mécanisme de règlement de différends au niveau politique qui contribua à la résolution des conflits sociaux minant la cohésion nationale du Congo.

Guy Brice Parfait Kolelas éliminé comme un jeu.Guy Brice Parfait Kolelas vainqueur de la présidentielle de 2021 (?) sacrifié pour un peuple congolais totalement inconscient. Une mort finalement inutile.

En somme, la société congolaise végète encore dans une crise post-électorale consécutive au scrutin du 21 mars dernier. Le vainqueur réel, Parfait Kolelas, a été sacrifié sur l’autel de la dictature absolutiste du « sassovisme ». Sassou-Nguesso a usurpé la victoire de son concurrent et se retrouve dans une posture inconfortable où il détient un pouvoir autoproclamé sans le moindre brin de légitimité. Le peuple congolais n’est pas dupe ; il sait pertinemment qu’il s’est fait voler sa victoire et extorquer son pouvoir mais n’entend pas se laisser écraser plus longtemps par un gouvernement illégitime, fusse-t-il dictatorial. La junte militaro-tribaliste du PCT ne s’est toujours distinguée que par tous les traits diffamants de la mal-gouvernance d’un régime absolutiste : incompétence, médiocrité, corruption, violence, discriminations, dilapidation de ressources économiques nationales et le désormais triste record de longévité au pouvoir d’un demi-siècle d’un parti régnant sans partage. Ce peuple, dans son silence et sa placidité demeure cependant en action, à l’affût de stratégies pragmatiques et efficientes pour la reconquête de son pouvoir confisqué. Il y a trente ans, le recours aux traditions ancestrales a contribué au succès d’une CNS qui a posé les jalons d’une démocratie unanimement acceptée dont la construction se poursuit au prix du sang d’un peuple meurtri. Aujourd’hui, quelle solution peut inspirer le recours aux mêmes traditions ancestrales, us et coutumes, dont la richesse est réputée inépuisable et la source intarissable du fait du caractère éternellement vivant de Nzambi’a Mpungu, le génie ou le Dieu unique Kôngo ? Quel apport espérer des traditions ancestrales dans l’établissement d’une démocratie moderne dans nos sociétés africaines aujourd’hui ? Les institutions occidentales détiennent-elles l’exclusivité de la compatibilité avec la démocratie ?

David NTOYO-MASEMBO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager

Politique

Khartoum a déjoué, mardi, 21 septembre, une tentative de coup d'état attribuée à des anciens responsables du régime d'Omar el-Béchir, chassé du pouvoir, il y a deux ans, par une révolte populaire.

Le déplacement au Sahel de la ministre française des Armées, Florence Parly, entamé au Niger (le nouveau bon élève de la doctrine militaire française en Afrique), vise notamment à exposer aux pays

Quand on lit  ‘L’homme révolté’, on s’aperçoit tout de suite que, pour Albert Camus, la révolte est toujours motivée par le sentiment d’une injustice, faite non seulement à soi-même, mais à tout ho