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COUP D'ETAT AU SOUDAN : L'ancien régime totalement contre l'orientation du nouveau pouvoir

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mer 22/09/2021 - 00:47
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Khartoum a déjoué, mardi, 21 septembre, une tentative de coup d'état attribuée à des anciens responsables du régime d'Omar el-Béchir, chassé du pouvoir, il y a deux ans, par une révolte populaire. Faut-il s'en étonner ? Les nouveaux venus au pouvoir se situent dans une ligne politique diamétralement opposée à celle du président, Omar el-Béchir. Alors que l'ancien régime était la bête noire des Occidentaux, les nouveaux maîtres de Khartoum ont fait allégeance à l'Occident. En contrepartie, Washington leur a ouvert la possibilité d'obtenir des prêts internationaux, Washington est allé jusqu'à enlever le nom du Soudan de sa liste des Etats terroristes, ce qui lui permet de normaliser ses relations à l'international. En contrepartie, les nouveaux maîtres de Khartoum ont accepté le transfert d'Omar el-Béchir à la CPI (Cour pénale internationale) qui lui tend les mains depuis ses nombreux massacres dans le Darfour. Tout ce revirement qui remet le Soudan sous la coupe coloniale occidentale fait que les anciens du régime Béchir ne pouvaient pas rester les bras croisés (notre photo montre le premier ministre Abdalla Hamdok qui fut victime d'une tentative d'assassinat en mars 2020 à Khartoum par les partisans de l'ancien régime).

Cette tentative de coup d'état n'est pas la première à viser le gouvernement de transition formé au Soudan après l'éviction, en avril 2019, d'Omar el-Béchir, renversé après 30 ans de règne sans partage. Emprisonné à Khartoum depuis sa destitution, ce dernier est actuellement jugé pour sa participation au coup d'état, qui l'avait porté au pouvoir en 1989. L'ancien dirigeant est également réclamé par la CPI pour "génocide" et "crimes contre l'humanité" lors du conflit au Darfour, dans l'Ouest du pays.

Ce n'est pas Omar el-Béchir, lui-même, qui a une influence, mais, des responsables de l'ancien régime encore en liberté. Ils ont été chassés du pouvoir, ils ont intérêt à déstabiliser la transition démocratique.

L'ancien régime était une alliance entre un appareil militaire très puissant et les Frères musulmans soudanais, qui avaient réussi à infiltrer une partie de l'armée, et pouvaient aussi compter sur des services de renseignement puissants. L'ancien directeur des services de sécurité et de renseignement soudanais (NISS), Salah Gosh, qui serait, aujourd'hui, exilé en Egypte, est considéré comme l'un des instigateurs principaux d'à peu près toutes les tentatives contre-révolutionnaires depuis 2019.

Omar el BéchirOmar el Béchir en prison à Khartoum après un règne de près de 30 ans, avant un autre emprisonnement à la CPI où il devrait être bientôt transféré : double peine !

La transition reste fragile parce que l'économie va mal. Les réformes économiques du nouveau pouvoir sont très libérales, du type de celles que le FMI impose un peu partout. Cela impacte négativement le pouvoir d'achat de beaucoup de Soudanais et elles sont donc impopulaires. Mais, la seule chance du nouveau régime, c'est que beaucoup de militaires ne sont pas favorables à un retour à l'ancien régime. Mais, le nouveau pouvoir aura-t-il les coudées franches ou une marge de manœuvre suffisante pour éviter d'être déstabilisé, ce que cherchent activement les partisans d'Omar el-Béchir et ce, pour leur propre sécurité ?

 

 

 

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