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DJIHADISME : La signature du contrat entre la Société Wagner et le Mali en bonne voie (le Kremlin pas du tout concerné)

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ven 12/11/2021 - 19:14
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Réunis à Moscou, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, ont démenti, jeudi, 11 novembre, tout contrat avec le groupe de miliciens russes Wagner. Ils ont, en revanche, lié le rapprochement militaire entre leurs pays au retrait des troupes françaises dans le Nord du Mali, ayant favorisé le risque terroriste. Plus important, Sergueï Lavrov a précisé que la Société Wagner comme beaucoup d'entreprises françaises, volent de ses propres ailes et n'a pas besoin du Kremlin, ni de son ministère pour conclure des contrats avec des pays souverains comme le Centrafrique. C'est une réponse claire à tous ceux, en France, qui ont peur de l'arrivée (pourtant imminente) des mercenaires Wagner au Mali.

"Chaque fois que le Mali a été dans des situations difficiles depuis notre indépendance, la Russie a toujours été avec nous", a déclaré le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, lors de négociations à Moscou. "Nous sommes dans une situation difficile et nous nous tournons encore vers cet ami pour qu'il puisse nous aider à en sortir", a-t-il poursuivi, précisant que "jusqu'à 80 %" des équipements militaires de son pays sont d'origine russe

Son homologue, Sergueï Lavrov, a indiqué que Moscou continuerait de livrer "des équipements, des munitions, des armements" et à former des officiers maliens pour que Bamako puisse se défendre "efficacement" contre la menace terroriste. 

Des terroristes "plus à l'aise" au Nord du Mali depuis le retrait français

Ces derniers mois, les relations entre la France, ex-puissance coloniale et partenaire historique, et le Mali se sont dégradées, depuis le constat de l'inefficacité de la stratégie française pour éradiquer le djihadisme au Nord-Mali. Après huit ans de présence militaire française au Mali, le peuple malien a demandé au gouvernement de revoir sa stratégie. Il lui a demandé de dialoguer avec les djihadistes du Nord-Mali car ce sont des Maliens comme tous les autres à condition d'assurer l'unicité de l'Etat et la non-application de la charia dans le pays. L'armée française étant partie du Nord-Mali, le pouvoir de transition négocie actuellement avec la Société Wagner pour la remplacer. Ceci n'est un secret pour personne et les négociations vont aboutir dans un avenir très proche.

Paris a entrepris, en juin, de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant, notamment, ses trois bases les plus au Nord du Mali pour le recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Le Niger devient le centre du dispositif français de lutte contre le terrorisme avec 2.500 militaires en moins. Car ce plan prévoit une réduction des effectifs, de plus de 5 000 actuellement, à 2 500-3 000 d'ici 2023. Le Mali devait-il rester les bras croisés ? Il compte vite avoir recours aux mercenaires russes pour faire face à la situation.

Car avec ce retrait annoncé, "les terroristes se sentent de plus en plus à l'aise" au Nord du Mali, a soutenu, jeudi, Sergueï Lavrov.

Qu'en est-il des pourparlers entre la Société Wagner et le Mali ?

Dans cette affaire, chaque commentateur dit ce qu'il veut tandis que le gouvernement français, très gêné que le départ des soldats français soit remplacé par des mercenaires russes, met plutôt de l'huile sur le feu. Cela dit, les deux ministres ont tenu à apporter des éclaircissements.

Prigojine avec Poutine.Evgueni Prigojine, le patron de la société Wagner et grand copain de Vladimir Poutine.

En effet, Sergueï Lavrov et Abdoulaye Diop ont démenti tout contrat entre Bamako et des sociétés militaires privées russes, une possibilité qui, répétons-le inquiète Paris au plus haut point car cela montre la grosse perte de son influence y compris militaire dans son ex-pré-carré. "Aucun contrat n'a été signé dans ce secteur", a affirmé le ministre malien, selon ses propos traduits en russe, ajoutant que ces allégations visaient à discréditer Bamako.

Selon Sergueï Lavrov, Moscou n'intervient pas dans les activités de ces "structures créées par des citoyens russes qui concluent eux-mêmes leurs contrats". Ce qui ne veut pas dire que le contrat avec Wagner ne va pas être signé avec le Mali, mais que Wagner, en tant que société privée, signe toute sorte de contrat militaire ou autre avec tout pays indépendant quel qu'il soit, sans entrave. Autrement dit, pour signer avec Bamako, Wagner n'a pas besoin d'obtenir l'autorisation du Kremlin comme semble insinuer de façon tendancieuse le Quai d'Orsay à Paris. Comme quoi, le chien aboie la caravane passe.

 

 

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