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FRANCE-ALGERIE : Le président Tebboune veut "toute la lumière" sur les disparus de la guerre d'Algérie

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sam 20/03/2021 - 17:02
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Mieux vaut tard que jamais. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a réclamé, vendredi, 19 mars, "toute la lumière" sur les disparus pendant la guerre d'indépendance (1954-1962) et l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans les années 1960. C'est une demande qui vient à point nommé après la publication, en janvier dernier, du rapport de l'historien français, Benjamin Stora, sur les relations coloniales entre la France et l'Algérie. D'odieux crimes ont été commis et demandent à être réparés. La France a toujours tergiversé sur cette question. Pendant la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron avait semblé marqué sa détermination pour avancer dans le sens de la prise en compte de la douleur ressentie par la partie algérienne, sur cette question. Mais, une fois arrivé à l'Elysée, il n'a plus rien fait. Alors qu'ils avaient suscité beaucoup d'espoir chez les Algériens. Mais aussi en Afrique noire où la colonisation française est assimilable à un véritable crime contre l'humanité. C'est-à-dire, imprescriptible. C'est donc bien que le président algérien remette les points sur les i après la sortie du rapport Stora commandé par Emmanuel Macron pour examiner ce qui peut être fait afin de ne pas être trop critiqué pendant la campagne présidentielle de 2022 qui s'annonce palpitante sur des questions mémorielles.

"L'effort se poursuit pour mettre toute la lumière sur le sort des disparus durant notre guerre de libération et pour l'indemnisation des victimes des essais nucléaires", a écrit Abdelmadjid Tebboune, vendredi, 19 mars, dans un message à l'occasion de la fête de la Victoire. Cette date marque l'anniversaire du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, après une guerre d'indépendance de près de huit ans avec la France.

Ces événements "ne s'effacent pas de l'histoire des nations par prescription", a averti le président algérien à propos des dossiers mémoriels.

A l'approche du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie (5 juillet 1962), le président français, Emmanuel Macron, a engagé, ces derniers mois,

une série d'"actes symboliques" afin de "réconcilier les mémoires" entre Français et Algériens.

En juillet dernier, la France a remis à Alger 24 crânes de combattants nationalistes tués au début de la colonisation au 19e siècle, qui étaient entreposés à Paris.

En outre, Emmanuel Macron a récemment reconnu "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste, Ali Boumendjel, avait été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la Bataille d'Alger en 1957. Un assassinat maquillé à l'époque en suicide.

Enfin, le président français a décidé de faciliter l'accès aux archives classifiées de plus de 50 ans, notamment, celles sur la guerre d'Algérie, sans la moindre réciprocité jusqu'à présent côté algérien.

Dans son message, le chef de l'Etat algérien a salué "les pas importants franchis et des signes positifs, à la faveur notamment de la récupération des Archives et des crânes symboles de la Résistance populaire".

"Notre attachement à la préservation de notre Histoire et de notre mémoire demeurera au cœur de nos priorités", a-t-il promis, en soulignant "la responsabilité de l'Etat dans la prise en charge de ce dossier, avec tout le sérieux et l'assiduité qui s'imposent".

Les gestes d'Emmanuel Macron font partie des recommandations de l'historien, Benjamin Stora, dans un rapport qu'il a remis, en janvier, au président français, dans le but de "réconcilier les mémoires" et de "regarder l'Histoire en face".

Mais, lors d'un colloque vendredi, le directeur général des Archives nationales algériennes, Abdelmadjid Chikhi, – l'alter ego de Benjamin Stora à Alger – a appelé les chercheurs et les historiens à "s'éloigner de l'école française dans la recherche historique en adoptant une véritable approche d'analyse permettant de lever le voile sur toutes les vérités", selon l'agence officielle APS.

Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune se sont engagés à travailler, ensemble, sur la question mémorielle.

Parmi les dossiers que les autorités algériennes veulent remettre sur la table, figurent la question des "disparus" pendant la guerre d'indépendance – plus de 2 200, selon Alger – et celui des essais nucléaires français dans le Sahara algérien.

Des Européens ont, également, été portés disparus pendant le conflit.

Dans l'édition de février de l'influente revue du ministère de la Défense, El Djeich, un haut cadre militaire algérien a fait savoir que la remise par la France des cartes pour la localisation des "restes nucléaires" est "un droit que l'Etat algérien revendique fortement, sans oublier la question de l'indemnisation des victimes algériennes des essais".

La France, qui a colonisé l'Algérie de 1830 à 1962, a procédé, au total, à 17 essais nucléaires au Sahara algérien entre 1960 et 1966, sur les sites de Reggane puis d'In Ekker.

Onze d'entre eux, tous souterrains, sont postérieurs aux Accords d'Evian de 1962, qui actaient l'indépendance de l'Algérie mais une clause permettait à la France d'utiliser jusqu'en 1967 les sites du Sahara.

Conclusion : On ne dira pas qu'Emmanuel Macron avance en reculant. Mais, pour avancer vraiment, il faudra qu'il se débarrasse des calculs électoralistes et écoute son seul cœur, surtout, pas les propos d'hommes politiques français qui n'ont jamais permis l'avancement de ce dossier.

On parle d'une très mauvaise image de la France en Afrique, de manière générale. La colonisation y est pour beaucoup quand on pense aux exactions commises par la France et pour lesquelles « sa grandeur » ne l'autorise pas à demander pardon. Ce serait trop la rabaisser. Par exemple, au Cameroun, pendant la période coloniale, la France a massacré 400.000 personnes qui luttaient pour leur autonomie, le refus de la main-mise coloniale dans le pays, et pour accéder à l'indépendance. Dans les autres colonies, on enregistre les abominations similaires. Mais, jusqu'à ce jour, c'est le déni total de cette vérité du côté de la France. Les relations ne peuvent pas être bonnes dans ces conditions. L'image de la France en Afrique ne peut être que catastrophique. Emmanuel Macron sait donc ce qui lui reste à faire, lui qui semble étonné qu'on n'aime pas la France (ni son armée) en Afrique.

Sur notre photo, Pierre Messmer (un peu en retrait) avec de Gaulle : « Une certaine idée de la France », à massacrer les peuples colonisés d'Afrique, l'animait, idée qu'il a mise en exécution dans le pays bamiléké au Cameroun. Résultat : 400.000 morts. Un génocide dont personne ne parle. Mais un crime imprescriptible quand même.

 

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