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OPERATION BARKHANE : L'armée française quitte le Mali (la queue entre les jambes)

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jeu 10/06/2021 - 19:24
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Emmanuel Macron a annoncé, jeudi, 10 juin, la fin de l'Opération Barkhane au Sahel. C'est un tournant majeur de la présence française dans la lutte contre le djihadisme. C'est un retrait que les nouvelles autorités maliennes assument totalement dans la mesure où il y avait une divergence d'approche profonde entre elles et les autorités françaises. Maintenant, le président de transition malien, le colonel, Assimi Goïta, est libre de coopérer militairement avec qui il veut (même si ce sont les Russes ou les Turcs) tout comme il est libre de répondre à la demande du peuple malien en initiant un dialogue direct et franc avec les Maliens djihadistes du Nord et du Centre du pays, ce que désapprouvait, totalement, le gouvernement français, au nom d'une stratégie qui lui est propre.

Il s'agit d'une amorce de réduction de l'Opération militaire anti-djihadiste Barkhane au Sahel, notamment, au Mali. Actuellement, en visite, en Côte d'Ivoire, soit, quelques jours avant le retour de l'ancien président, Laurent Gbagbo, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré : "La France n'a pas vocation à rester éternellement au Sahel (...). Il est vraisemblable qu'il faille adapter le dispositif Barkhane", dans les autres pays comme le Burkina Faso où le président, Roch Marc Christian Kaboré, vient d'appeler les pays africains au secours, après l'assassinat de 160 civils burkinabé suite à une attaque djihadiste, il y a quelques jours, dans le Nord du pays. Le Burkina Faso devra absolument changer de stratégie, les djihadistes, bien armés et plus motivés, montrant leur supériorité militaire sur les armées nationales et alliées présentes dans la zone.

L'Opération Barkhane et la situation au Sahel étaient au menu d'une réunion du conseil de Défense, mercredi, 9 juin, à l'Elysée, sous la présidence du chef de l'Etat. C'est pendant cette réunion qu'Emmanuel Macron a annoncé le renvoi désormais tous les 15 jours des immigrés ayant épuisé leurs recours et destinés à quitter la France de force.

Avant ce retrait dont on ignore encore le calendrier, Paris déploie quelque 5 100 soldats dans le Sahel contre les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique et à Al-Qaïda (sur notre photo Emmanuel Macron aux côtés de l'ancien président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta, salue l'armée française au Mali. Déjà, en 2019, le président Keïta cherchait à initier une coopération entre l'armée malienne et l'armée russe, avant d'être évincé par un coup d'état).

Il est clair que la France est irritée par deux choses : l'éviction du président Ba N'Daw de la transition qui avait fini par épouser la vision française de la lutte contre le djihadisme, au profit du colonel, Assimi Goïta, 37 ans, et auteur de deux coups d'état en l'espace de neuf mois. Le colonel, Assimi Goïta, s'est glissé à la tête de l'Etat malien en exploitant le double langage des Français au Tchad où Emmanuel Macron a soutenu le putschiste, Mahamat Déby Itno, au lieu d'un civil comme le stipule la constitution, donnant à croire que Paris se moquait (quand ça l'arrangeait) des lois et règlements africains écrits à l'Union africaine. Dès lors, Paris ne pouvait plus critiquer ouvertement Assimi Goïta devant les opinions africaines, qui l'accusent de tous les maux d'Israël, bref, d'avoir une politique illisible en Afrique.

Le colonel Assimi Goïta avec ses amis militaires vont pouvoir mettre leur stratégie en marche.Le colonel Assimi Goïta devenu président de la transition va pouvoir mettre en oeuvre la stratégie des militaires : nouvelles coopérations militaires (russe et autres) et dialogue avec les djihadistes.

Faire contre mauvaise fortune bon cœur : la France quitte piteusement le Mali où on constate qu'après huit ans de présence, elle n'a vraiment pas aidé à réduire la puissance de feu des djihadistes. Cette absence de victoire a déterminé les populations maliennes à encourager plutôt un dialogue avec les djihadistes qu'une victoire militaire hors de portée. L'otage française, Sophie Pétronin, fut libérée à l'initiative des militaires maliens faiseurs de coup d'état, mais aussi, Soumaila Cissé, aujourd'hui, décédé de covid-19. En contrepartie, l'armée avait libéré plus de 200 djihadistes qui croupissaient dans les prisons maliennes. Paris n'avait pas apprécié de telles libérations.

Maintenant que Paris annonce le désengagement de l'Opération Barkhane, il n'est pas exclu que Bamako opte pour une coopération russe que les militaires maliens appelaient de leurs vœux, ce qui avait abouti à l'éviction du président, Ba N'Daw, et du premier ministre, Moctar Ouane.

 

 

 

 

 

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