JO DE PARIS : Les grands absents de la cérémonie d’ouverture du 26 juillet

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Le président, Emmanuel Macron, a investi plus de 4,4 milliards d’euros (le Comité international olympique a investi la même somme) pour offrir les meilleurs jeux olympiques de l’histoire au monde entier. Il était prévu que tous les grands du monde se retrouvent à Paris, autour du président français : se donner la main et redonner sa grandeur à la France qui se dilue de jour en jour. Malheureusement, et on est obligé de le constater, c’est le verre à moitié vide où à moitié pleine, selon le côté où on se situe.

Prévu à la cérémonie d’ouverture, l’homme le plus puissant du monde, l’Américain, Joe Biden, pour des raisons que tout le monde connait, a préféré envoyé sa femme, Jill Biden, qui le représentera. Le Chinois, Xi Ping, qui conteste la suprématie économique mondiale aux Etats-Unis, a préféré envoyer son vice-président.

Parmi les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), aucun chef d’Etat n’a fait le déplacement.

En Europe, on compte, aussi, de gros absents, y compris au sein du G7 (le contrepied des BRICS) comme le chancelier allemand et allié de toujours, Olaf Scholz, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, qui avait lancé au président français la phrase restée mémorable : « Maaacroon, laisse le F CFA » ! Le roi d’Espagne non plus n’a pas fait le déplacement de Paris.

Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, que le président français voulait brandir comme un trophée à sa cérémonie d’ouverture, ne fera pas le déplacement au moment où la Russie ne cesse de grapiller de nouveaux espaces en Ukraine.

En Afrique, les amis du Maghreb ont boudé la cérémonie : le roi du Maroc est représenté par son premier ministre tandis que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, est resté à Alger malgré l’invitation insistante de son homologue français.

Ces JO en France occultent de gros enjeux géostratégiques. Des guerres souterraines sont menées loin des caméras de télévision. Un rapport du sénat français, récemment, rendu public parle de « Néo-guerre froide » et donne les mauvais points aux uns et aux autres.

La Russie est accusée d’être le pays le plus agressif du monde dans cette stratégie qui consiste à faire monter les BRICS pour contrecarrer, voire, réduire considérablement l’influence du G7 et de l’OCDE. Selon le rapport du sénat français, la Russie dépense 1 milliard d’euros par an pour déstabiliser ses adversaires. On voit les dégâts en Afrique où la France est littéralement chassée de sa zone d’influence. En sept ans de pouvoir Macron, sur les 14 pays francophones, la France a perdu, coup sur coup, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Centrafrique, et même la Guinée, et bientôt, le Tchad qui est en train de signer des accords militaires avec la Russie. Le bilan d’Emmanuel Macron en Afrique se passe, donc, de tout commentaire. Cela dit, les Français ne diront pas mieux pour ce qui est de son bilan en France même : sa propre dissolution de l’Assemblée nationale, qui est en train de l’enterrer, politiquement, est là pour le montrer.

Parlant de l’Afrique, on peut comprendre pourquoi la France essaie de se cramponner sur ses dernières terres d’influence en Afrique noire : les présidents, Paul Biya, du Cameroun, malgré son âge avancé, a été trimballé à Paris, pour assister à la cérémonie d’ouverture. Alassane Ouattara a résisté en se faisant représenter par son premier ministre. Mais, alors qu’il est putschiste comme les trois « récalcitrants » de l’AES (Alliance des Etats du Sahel), le général-président du Gabon, Brice Oligui Nguéma, qui avait été invité par Macron en juin dernier, est, à nouveau, présent à Paris. Paris ne compte pas perdre le Gabon ! Il en est de même du président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, que Paris cherche à tout prix à maintenir dans son giron. Cela montre le réveil bien que tardif de la France dans sa traditionnelle zone d’influence. Mais, mieux vaut tard que jamais !

Locataire de la principale base militaire française en Afrique, le Djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, est, aussi, présent à Paris, tout comme le Rwandais, Paul Kagame, que Macron a cité dans son discours de ce 25 juillet, comme modèle à suivre en matière de construction d’infrastructures sportives en Afrique. Son ennemi juré, le RDCongolais, Félix Tshisekedi, qui n’a pas été invité, a dû s’étrangler à Kinshasa.

Sur les 120 chefs d’Etat prévus à la cérémonie d’ouverture des JO du 26 juillet, à Paris (Rives de la Seine), une cinquantaine d’invités chefs d’Etat a répondu à l’appel. Le jeune président voulait au moins 90 chefs d’Etat. Mais, la géopolitique mondiale ne lui permet plus de faire ce qu’il veut.

Cela dit, si la France n’est plus la France qu’on connaissait dans le temps, elle a réussi tout de même à garder ce que le monde entier lui envie : le savoir-vivre français, l’art de vivre à la française, la culture raffinée à la française. Cela, on ne trouve ni à Washington, ni à Beijing, ni à New Delhi, ni à Moscou. Mais, uniquement, à Paris qui reste unique dans le monde.

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