PAYS AFRICAINS : Nécessité impérieuse et urgente de changer de cap

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L’évangile lu dans toutes les églises catholiques, dimanche, 5 janvier 2025, nous apprend que les mages venus d’Orient, après avoir rencontré l’enfant Jésus à Bethléhem, repartirent chez eux, par un autre chemin. Hérode voyait Jésus comme une menace parce que les mages lui avaient annoncé que Jésus serait roi.

En 1960, nos dirigeants croyaient avoir pris le chemin de l’indépendance et de la prospérité pour tous. 65 ans plus tard, force est de constater que ce chemin nous a conduits dans une vraie impasse car la plupart de nos pays continuent d’être occupés, dominés, exploités et appauvris par la France à travers les marionnettes qu’elle a installées à la tête de ces pays.

Nous sommes dans cette situation parce que l’ancienne puissance coloniale n’a jamais accepté l’idée d’une Afrique unie, industrialisée, capable de transformer sur place ses matières premières et de soigner ses populations à faible coût, parce que la France a toujours rêvé d’être notre seul partenaire en affaires, le seul pays qui devait nous vendre livres, véhicules et armes, parce qu’elle a toujours aimé parler en notre nom à l’ONU.

Les rares dirigeants africains, qui voulaient défendre les intérêts de l’Afrique furent ou bien renversés (La Malien, Modibo Keïta, l’Ivoirien, Laurent Gbagbo (notre photo)) ou bien assassinés (le Congolais, Patrice Lumumba, le Togolais, Sylvanus Olympio, le Burkinabé, Thomas Sankara). Hérode aurait éliminé Jésus si les mages étaient revenus le voir, s’ils n’étaient pas retournés chez eux par un autre chemin.

Alliance stratégique des trois pays de l’AES contre l’impérialisme occidental.

Si l’Afrique francophone ne veut pas mourir, si elle désire en finir avec la pauvreté, l’instabilité, le terrorisme, le viol des constitutions, les présidents à vie, la jeunesse qui meurt dans la Méditerranée, elle n’a pas d’autre choix que d’emprunter un autre chemin, ce que la République centrafricaine, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, semblent avoir compris.

Les dirigeants de ces pays ont vite réalisé que retourner chez Hérode, c’est remettre leurs populations sur la route de l’esclavage et de la mort. On n’a pas besoin d’être un mage pour comprendre que prendre un autre chemin lorsque le premier s’est révélé désastreux relève tout simplement du bon sens.

Jean-Claude Djéréké

est professeur de littérature à l’Université de Temple (Etats-Unis).

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