AFRIQUE DU SUD : L'humiliation suprême par la justice de Jacob Zuma se profile à l'horizon

La justice sud-africaine a infligé, mercredi, 13 décembre, un nouveau revers au président, Jacob Zuma, empêtré dans une longue série de scandales, en lui ordonnant de mettre en place d'ici un mois, une commission d'enquête sur la corruption à la tête de l'Etat dont il est le parrain incontesté. A quelques jours de son départ de la présidence de l'ANC et quelques mois du départ du pouvoir, Jacob Zuma va-t-il avoir droit à ce coup de grâce (d'humiliation suprême) de la justice sud-africaine ? Beaucoup en Afrique du Sud parient que ce délinquant en col blanc ne va pas terminer son mandat. Tellement il a souillé le pays de Nelson Mandela.

Cette décision intervient trois jours avant la conférence du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, qui doit choisir son successeur à sa tête.
Le chef de l'Etat avait saisi la justice pour obtenir l'annulation d'un rapport officiel très compromettant pour lui.

Ce document met, notamment, en lumière, l'implication d'une puissante famille d'hommes d'affaires, les Gupta, dans la gestion des affaires de l'Etat sud-africain, de la nomination de ministres aux pressions pour obtenir des contrats publics. Une des trois épouses (officielles) de Zuma et plusieurs de ses enfants, travaillent dans le Groupe Gupta.

Dans ses conclusions, l'auteur du rapport, l'ex-médiatrice de la République, Thuli Mandosela (sur notre photo avec Jacob Zuma), réclamait une commission d'enquête sur le sujet, que le président a, toujours, refusé.
Mercredi, 13 décembre, la Haute Cour de Pretoria a donné tort au chef de l'Etat, estimant qu'il avait fait preuve d'une "grave imprudence" en réclamant l'annulation du rapport.

Le "comportement" de Jacob Zuma "n'est pas à la hauteur de ce qu'on attend d'un chef de l'Etat chargé de soutenir les institutions démocratiques" comme celle du médiateur de la République, a estimé, dans sa décision, le juge, Dunstan Mlambo. Et c'est le moins qu'on puisse dire. Car Jacob Zuma s'est comporté à la tête de l'Afrique du Sud comme un bandit de grand chemin, un délinquant au col blanc dont l'objectif (caché) était de s'enrichir, exactement, comme dans les républiques bananières de l'Amérique du Sud des années 70. Il a réussi mais la justice est à ses trousses.

"Le rapport de la médiatrice a révélé des niveaux inquiétants de malversations et de corruption au mépris absolu de la bonne gouvernance", a, encore, asséné le magistrat.
En plus de demander l'annulation de ce document embarrassant, Jacob Zuma avait, également, tenté d'en interdire sa publication.

Dans un autre jugement, le même tribunal lui a ordonné de payer, personnellement, les frais engagés pour son action en justice.

"L'attitude du président s'apparente à une tentative d'entrave du travail constitutionnel de la médiatrice", a estimé le juge Mlambo. Elle "ne laisse aucune autre option" que d'exiger du président qu'il "paie lui-même de sa poche tous les frais" judiciaires.

Le président Zuma, au pouvoir depuis 2009, a vu sa réputation ternie par de (trop) nombreux scandales dont il a, toujours, réussi, jusque-là, à survivre politiquement.

L'ANC se réunit à partir de samedi, 16 décembre, pour élire son successeur à la tête du parti. Cette bataille oppose l'ex-épouse du chef de l'Etat, Nkosazana Dlamini Zuma, ex-patronne de l'Union africaine (UA), à l'actuel vice-président Cyril Ramaphosa. Avantage (pour le moment) à Cyril Ramaphosa, ce qui inquiéterait au plus haut point Jacob Zuma et sa bande d'affairistes qui l'entourent à la tête de l'Etat et de l'ANC.

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