AFRIQUE DU SUD : Zuma risque de couler le 22 février à cause du lâchage prévisible de l'ANC

Les jours du président sud-africain, Jacob Zuma, à la tête de l'Afrique du Sud sont, désormais, comptés. C'est un véritable compte à rebours qui commence, après que le nouveau président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, ait, clairement, appelé au départ du président de la République, afin que lui, Ramaphosa, ait une réelle chance de devenir président du pays, en 2019. Car Zuma traîne, tellement, de casseroles que le candidat de l'ANC peut échouer à se faire élire président de la République. Ce serait une première en Afrique du Sud post-apartheid. Le risque est grand parce que la gestion de Zuma, émaillée de plusieurs scandales financiers, est en train de faire perdre son leadership à l'ANC dans le pays. C'est la raison pour laquelle beaucoup au sein du parti pensent que mieux vaut faire partir Zuma, dès maintenant, de la présidence de la République, pour engager des réformes qui pourront faire redevenir l'ANC, un parti crédible aux yeux des Sud-Africains.

Une motion de censure contre le président sud-africain, Jacob Zuma, sera mise aux voix, le 22 février, à la suite d'une demande, en ce sens, du parti d'opposition d'extrême gauche, EFF (Combattants pour la liberté économique), de l'incontournable député (ex-ANC), Julius Malema. Plusieurs motions de censure ont été déposées, sans succès, contre le chef de l'Etat dont la présidence est entachée d'une série d'affaires de corruption.

Toutefois, les appels à la démission se multiplient depuis son remplacement en décembre à la tête du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. Le nouveau président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, qui a fait du combat contre la corruption une de ses priorités, souhaite le départ de Jacob Zuma. Le chef de l'Etat, qui est âgé de 75 ans, doit rencontrer les six principaux dirigeants de l'ANC, ce week-end, mais, l'ordre du jour de la réunion n'a pas été divulgué.

Dans sa lettre à la présidente du parlement, Baleka Mbete, l'EFF demandait que la motion de censure soit mise aux voix avant le discours sur l'état de la nation que doit prononcer le président Zuma jeudi prochain. "Madame Baleka Mbete a informé le chef de l'EFF, Julius Malema, qu'elle avait décidé que la motion de censure souhaitée par ce parti serait soumise au vote des députés le 22 février", déclare le parlement dans un communiqué. Certainement pas avant le discours du chef de l'Etat.

Julius Malema, l'ancien patron de la jeunesse de l'ANC, qui avait été exclu du parti par Jacob Zuma, à cause des nombreuses critiques qu'il formulait à son encontre, veut se venger, en scalpant, purement et simplement, son ancien président. Le principal parti d'opposition, DA, qui dépose, souvent, les motions de censure contre Jacob Zuma, semble avoir laissé la primeur à l'EFF afin que son président Malema puisse avoir l'honneur de faire tomber celui qui fait tourner le pays en rond, à savoir, Jacob Zuma.

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