AFRIQUE : Jacob Zuma une fois de plus menacé de destitution par la justice

Les paris sont ouverts en Afrique du Sud, entre ceux qui pensent que Jacob Zuma terminera son mandat de président de la République, en 2019, et ceux qui croient à sa destitution. Pour cette deuxième catégorie de parieurs, la justice vient d'ouvrir une brèche en annonçant la réouverture d'un dossier compromettant, qui pourrait déboucher sur une procédure de destitution.

Le plus haut tribunal d'Afrique du Sud a reproché, ce vendredi, 29 décembre, au Parlement de ne pas avoir demandé des comptes au président, Jacob Zuma, sur un scandale provoqué par la rénovation de sa résidence privée aux frais du contribuable, un jugement qui pourrait déboucher sur une procédure de destitution.

"L'Assemblée nationale n'a pas demandé des comptes au président", a déclaré le juge de la Cour constitutionnelle, Chris Jafta, dans un jugement retransmis par les principales chaînes de télévision. "L'échec de l'Assemblée nationale à établir des règles sur la manière de forcer le président à un retrait (...) constitue une violation" de la Constitution, a-t-il ajouté.

Le tribunal a ordonné aux députés "de mettre en place un mécanisme qui pourrait être utilisé pour la destitution du président de sa charge". Il a ajouté que les députés "devaient se conformer" à la loi fondamentale et prendre ces mesures "sans délai".

L'opposition avait saisi la Cour constitutionnelle, reprochant au président du Parlement de ne pas avoir instauré les processus et mécanismes adaptés pour demander des comptes au président Zuma (notre photo) qui n'avait pas mis en oeuvre les recommandations du gendarme anti-corruption de l'Afrique du Sud en 2014.

Les recommandations portaient sur la rénovation de la résidence de campagne de Jacob Zuma dans la province du KwaZulu Natal pour quelque 15 millions de dollars pris sur les fonds publics.
Le scandale a connu son apogée, l'an dernier, où la Cour constitutionnelle a décrété Jacob Zuma coupable d'avoir violé son serment présidentiel en refusant de rembourser.

Devant les critiques dans l'opinion publique et des décisions de justice, le président avait, finalement, accepté de verser 500.000 dollars, une somme fixée par le Trésor.

A la tête de l'Etat depuis 2009, Jacob Zuma a démissionné, la semaine dernière, de la présidence du parti au pouvoir, l'ANC, après un règne marqué par une série de scandales et de condamnations par les tribunaux. Le jugement de vendredi devrait, encore, ajouter à la pression qui s'est accumulée sur lui alors qu'il reste en principe président de l'Afrique du Sud jusqu'aux prochaines élections de 2019. En principe car il est, clairement, menacé de destitution dans plusieurs dossiers, encore, examinés par la justice.

C'est le vice-président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, qui a emporté la course à la succession de M. Zuma à la tête de la formation au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 2004 en battant de justesse l'ancienne épouse du chef de l'Etat, Xhosazana Dlamini-Zuma.

Dans une première réaction au jugement de vendredi, le secrétaire général-adjoint de l'ANC, Jessie Duarte, a déclaré que le parti en prenait note et "discuterait de toutes ses implications" dans deux semaines, lors d'une réunion de sa direction prévue le 10 janvier. Cyril Ramaphosa a promis mettre l'accent sur la lutte contre la corruption. Beaucoup de travail dans ce domaine l'attend.

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