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CONGO-BRAZZAVILLE : Ne touchez pas à notre archevêque (Mgr Anatole Milandou) !

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mer 28/07/2021 - 17:48
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Une campagne de diffamation contre l’archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou, a été menée dans les réseaux sociaux ces deux dernières semaines par une poignée de blasphémateurs anticatholiques à la fois malveillants et désinformés. Ces adeptes d’une secte religieuse traditionnaliste adorant prétendument les mânes kôngo sont très présents dans les réseaux sociaux, WhatsApp et Facebook, notamment, dans lesquels quelques-uns de leurs tribuns à la langue facile se sont fait une réputation en s’exprimant fréquemment par des communiqués audio sur le dossier de la mort de l’opposant congolais, Guy Brice Parfait Kolelas.

Prétextant avoir été sollicités par des chrétiens de l’archidiocèse de Brazzaville en vue leur servir de porte-parole pour exprimer leur indignation à propos d’une taxe de XAF 100.000 (152 euros) prétendument imposée par l’archevêque de Brazzaville à des familles éprouvées pour la célébration d’une messe de requiem, ils ont orchestré une campagne de diffamation contre Mgr Anatole Milandou, l’accusant de tous les maux et l’accablant de toutes les injures, des plus cyniques. Ils sont allés aussi loin que mettre sur le même piédestal l’église catholique et le PCT (Parti congolais du travail, au pouvoir), qualifiant l’archevêque de collaborateur de la caste dirigeante du pays, ces fossoyeurs de la nation, suscitant par là des soupçons d’instrumentalisation politique de leur campagne. Par la suite, pour apaiser la tension après maintes réactions verbales des fidèles catholiques, la compagne a été redirigée contre deux prêtres d’une paroisse de l’archidiocèse, qui ont osé défendre leur supérieur hiérarchique au cours d’une messe le dimanche 18 juillet dernier.

La vérification des faits révèle pourtant l’existence d’une profonde incompréhension par ces détracteurs résultant de leur méconnaissance ahurissante du fonctionnement de l’institution, Eglise catholique romaine, doublée d’une ignorance à dessein des pratiques de notre administration étatique dont la déliquescence n’échappe pourtant à aucun Congolais résidant au Congo comme à l’étranger. En effet, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la covid-19, le gouvernement congolais a adopté une série de mesures prophylactiques consistant, entre autres, dans l’interdiction de rassemblements publics dont le nombre limite de personnes varie en fonction de la nature de l’événement. Un peu comme partout à travers le continent africain, les funérailles comme les célébrations de culte sont les pratiques prioritairement concernées par l’interdiction. La mesure, comme tout règlement étant d’ordre public, s’applique uniformément à toute l’étendue du territoire et s’adresse égalitairement à tous les sujets de droit y présents : personnes physiques et morales, nationaux comme étrangers. Toute cette description vise à démontrer que la mesure administrative ne concerne pas que l’église catholique exclusivement, mais également, toutes les organisations religieuses et laïques, d’une part, et pas exclusivement, l’archidiocèse de Brazzaville, mais aussi, les deux autres, Owando et Pointe-Noire, ainsi que, leurs démembrements, à savoir, tous les diocèses les composant, d’autre part. Mgr Milandou ne saurait donc répondre individuellement, dans ce montage financier ridicule, de quelconque malversation de l’administration congolaise dont l’incompétence et la corruption caractéristiques de toute leur action n’échappent à aucun Congolais.

Cependant, cette interdiction supposée être obligatoire pour tous et ne souffrir d’aucune entorse du fait de son caractère d’ordre public et de la prétendue gravité de la situation sanitaire a été assortie d’une exception édictée par l’administration elle-même, et qui relativise, de ce fait, sa force d’application. Dès lors, l’administration, tenant compte de l’importance accordée à la mort et aux funérailles par nos us et coutumes, a conséquemment aménagé une dérogation onéreuse à l’interdiction, octroyant ainsi aux familles éprouvées, le privilège de rendre un hommage approprié à leur défunt. Ce privilège consiste, entre autres, dans le droit exceptionnel au rassemblement public en période d’interdiction et dans la faculté de transférer la dépouille mortelle vers un lieu de culte (temple ou église) où une messe de requiem ou un culte funéraire est célébré à titre de rituel de séparation définitive avec le défunt. A cet effet, l’administration congolaise, en l’occurrence, le ministère de l’Intérieur, a institué une taxe spéciale d’un montant de XAF 100.000 (152 euros) payables dans ses services ou ceux qui sont mandatés pour la percevoir pour son compte, logiquement, un préposé du Trésor public qui est le banquier de l’Etat. Toutefois, dans une république bananière comme le Congo où les fonds de fonctionnement des ministères se retrouvent tantôt épargnés dans les comptes privés des ministres et où les coffres-forts du Trésor public se trouvent au domicile privé du Trésorier payeur général (TPG), il n’est pas surprenant d’assister à des mécanismes spécifiques de perception et de gestion de cette taxe spéciale. Quelle en est l’assiette ou quels sont les critères de détermination de son montant ? A quelle prestation rendue par l’administration correspond ce montant si élevé ? Pratiquement, outre la délivrance de l’acte, donc, l’autorisation administrative, et l’opération d’encaissement de la recette, l’administration ne fournit aucune autre prestation pour les bénéficiaires de la dérogation. Sur le terrain, les foules rassemblées doivent se débrouiller pour respecter délibérément les mesures barrière. Jusqu’à cette étape de la procédure, aucune entité extérieure à l’administration n’intervient. Toutes les entités, religieuses et laïques, catholiques, protestants, pentecôtistes ou autres assemblées, attendent patiemment pendant ce temps, dans leurs sièges respectifs, l’arrivée de leurs fidèles bénéficiaires de la dérogation administrative pour la célébration du culte funéraire. A ce moment précis, seulement, interviennent ces organisations conformément à leurs conditions respectives de fonctionnement ; autrement dit, moyennant, pour l’église catholique en l’occurrence, paiement du prix de la prestation démocratiquement connu : XAF3.000 (4,57 euros) pour une messe de requiem. A la fin, l’église se libère de son unique obligation, celle de célébrer la messe, et la famille continue ses funérailles jusqu’au cimetière.

Un regard scrutateur sur le montage financier de la taxe révèle que l’administration congolaise conserve le contrôle de tout le circuit emprunté par les fonds en cause, de la détermination du montant à son encaissement. Il n’apparaît à aucun moment de ce processus une quelconque consultation des responsables d’églises et de confessions religieuses ou organisations laïques pour quelconque raison sauf preuve contraire. Tout le montant est perçu par l’Etat par le truchement du préposé du Trésor public compétent pour encaisser les fonds. Il n’y apparaît aucune trace ou éventualité d’évasion desdits fonds vers des bénéficiaires, personnes physiques ou morales, étrangers à l’administration. Il n’y apparaît, non plus, à quelconque étape aucune clé de répartition occulte ou transparente des fonds de ladite taxe déterminant une ou des parts allouées à un ou plusieurs individus, nommément, désignés ou pas, ou encore, à des confessions religieuses et organisations laïques susceptibles de susciter des soupçons de corruption. Peut-on toutefois soulever une hypothèse d’un versement de pots de vin ou de commissions occultes ? L’hypothèse paraît trop saugrenue pour être évoquée dans le cas de responsables d’églises qui ont une dignité à préserver. Ils ne daigneraient point entacher leur moralité par des ignominies de nature à tirer des profits occultes du malheur des fidèles endeuillés. En ruminant tel soupçon sur Mgr Anatole Milandou, personnellement, indexé dans ce scandale imaginaire de rançonnage des fidèles par leur évêque, le général Vadou et compagnie de la secte des « Bisi-Kôngo », protagonistes de cette campagne de dénigrement, se sont rendus coupables d’un blasphème consistant à prendre les enfants de Dieu pour des canards sauvages. Les adeptes de la secte des « Bisi-Kôngo » ont commis une bavure susceptible d’entamer leur réputation et de ruiner le peu de légitimité dont ils jouissaient auprès de quelques sympathisants catholiques. Ils ont commis une grave erreur politique.

Ce rappel des faits suscite aussi une série d’interrogations auxquelles les Congolais interpellés par la campagne de diffamation de l’archevêque de Brazzaville doivent répondre ou sont appelés à cogiter pour alimenter une réflexion continue sur l’ensemble de la politique nationale. Ainsi, sommes-nous en droit de nous demander pourquoi le nom de Mgr Anatole Milandou a-t-il été détaché du restant de l’épiscopat de l’église catholique et des responsables d’autres confessions religieuses pour être jeté en pâture sur les réseaux sociaux alors que si responsabilité quelconque des organisations ecclésiastiques il y aurait, celle-ci devrait être collective ? L’enclenchement de cette campagne de diffamation de l’archevêque est-elle une action spontanée et désintéressée de ses protagonistes ou obéit-il à une machination orchestrée par une force invisible visant à divertir l’opinion publique sur les vraies problématiques de la politique nationale ? Il est, au demeurant, inconcevable pour un Congolais sensé de jeter telle opprobre sur un prélat au point de l’assimiler aux malfrats du PCT alors qu’il ne participe point de la gestion de la chose publique en raison du sacro-saint principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Pour quelle raison doit-on associer le PCT et l’archevêché de Brazzaville ? Tout ici porte à croire que le PCT, dans sa recherche d’un personnage à qui faire porter la responsabilité de sa faillite dans la gestion semi-séculaire du pays, tente de cibler Mgr Milandou pour lui faire jouer ce rôle indigne de bouc-émissaire. Cependant, la manœuvre est ratée d’avance. Le PCT n’a d’autre choix que d’assumer seul son bilan comme il a toujours exercé son pouvoir sans partage.

Mgr Anatole Milandou.Mgr Anatole Milandou lors de l'année jubilaire de la mort de Mgr Barthélémy Batantou, cérémonie religieuse célébrée en avril 2019.

Les Congolais ne doivent donc pas se laisser divertir par des propagandistes à la solde du pouvoir probablement soudoyés pour les détourner des vraies préoccupations du moment : évincer un parti unique au pouvoir depuis cinquante ans sous l’égide d’un guide suprême, qui est plus un chef d’Etat autocratique qu’un président de la République dont il n’a point le profil car dénué de toute légitimité démocratique et usurpateur chevronné de victoires électorales de ses opposants qu’il finit par neutraliser systématiquement soit, en les incarcérant à l’image de Jean-Marie Michel Mokoko, soit en les éliminant physiquement comme dans le cas récent de Guy Brice Parfait Kolelas. Tel est le défi ultime à relever absolument par le peuple congolais. Que les profanes à l’église catholique, les sectaires de « Bisi-Kôngo » particulièrement, arrêtent de chercher des poux dans la tête de Mgr Milandou. La calotte et la mitre entretiennent continuellement la pureté de sa chevelure pour y laisser s’infiltrer le moindre parasite. Notre archevêque est à l’approche de sa retraite. Le moment est inopportun pour l’accuser de rage comme prétexte pour vouloir le noyer avant cette échéance. Le bon pasteur a exercé son épiscopat dans la droiture et la tempérance qui l’ont toujours caractérisé, vertus qu’il a aussi incarnées par anticipation depuis son sacerdoce à la direction du petit séminaire Saint-Paul de Mbamou. Notre abbé directeur d’hier et archevêque d’aujourd’hui ne mérite point le blasphème des impies de « Bisi-Kôngo » ou d’autres malveillants potentiellement en préparation sous quelque horizon que ce soit.

Monseigneur, comme dans les années Mbapé, cette deuxième moitié de la décennie 1980 où vous gouverniez nos petits pas dans les allées et couloirs de la citadelle du petit séminaire de Mbamou, époque où nous succombions sous vos dribbles sur les terrains de football et de basketball, moment où vous gagniez notre confiance et notre respect par la qualité de votre leadership par l’exemple, incarnant des vertus d’humilité, d’altruisme, de discipline et de travail, nous vous rechantons à l’unisson notre hymne de notre fidélité à votre égard dont vous vous souviendrez allègrement, pour sûr :

Ooh Ya Mbapé, kozonga sima te

( Doyen Mbapé, ne reculez pas)

Kende se liboso

( Allez droit devant)

Biso se na sima na yo

(Nous vous emboitons le pas)

Poursuivez donc sereinement l’exercice de votre épiscopat jusqu’à l’échéance de votre retraite imminente à la manière de Melchisédech, le grand prêtre à jamais dont vous avez fidèlement imité les voies, tandis que nous nous chargeons de vos adversaires. A vos détracteurs, nous exigeons le respect car à tout seigneur, tout honneur. Et nous leur disons comme mot de la fin : ne touchez pas à notre archevêque ! Merci !

Le collectif des anciens séminaristes.

 

 

 

 

 

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