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CONGO-BRAZZAVILLE : Pourquoi Anatole Collinet Makosso comme premier ministre et pas quelqu'un d'autre ?

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jeu 13/05/2021 - 15:07
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Le président, Denis Sassou-Nguesso, a nommé, mercredi, 12 mai, comme premier ministre, Anatole Collinet Makosso, 56 ans, jusque-là, ministre de l'Education nationale. Il remplace Clément Mouamba en poste depuis 2016, démissionnaire depuis le 5 mai dernier et dont l'action se limitait à expédier les affaires courantes.  

La nomination d'un premier ministre peut répondre à plusieurs critères dont est seul juge le président de la République. En l'espèce, Anatole Collinet Makosso n'est pas le plus qualifié (comme l'était Clément Mouamba) sur le plan économique, avec une situation dégradée non seulement par la mauvaise gestion caractérisée du clan au pouvoir, mais aussi, par la survenue du coronavirus.

Le nouveau premier ministre n'est pas non plus suffisamment politique pour qu'on le qualifie d'homme d'appareil (sur notre photo Anatole Collinet Makosso a su mouiller le maillot pour son candidat pendant la campagne présidentielle).

Un avantage cependant non négligeable au moment où les négociations avec le FMI achoppent à cause de l'excès de mal-gouvernance au point où les nombreux réseaux que Sassou financent à grands frais, n'y ont pu rien faire. Makosso au moins ne traîne pas une réputation de sassouiste sulfureux s'étant enrichi et traînant des casseroles handicapantes. C'est déjà ça. Certains diront, c'est au moins ça. Car Sassou n'a plus grand monde considéré comme propre dans son proche entourage, qui puisse faire l'affaire. Tous sont des détourneurs de fonds publics patentés et reconnus comme tels à Paris, Bruxelles et Washington. Peut-être que bénéficiant d'une telle circonstance atténuante, pourra-t-il du moins être écouté par les bailleurs de fonds même si la fermeté de ces derniers ne pourra bouger pour si peu.

Quelque chose qui compte beaucoup pour le dictateur 5 étoiles. Au moment où ses amis français le poussent vers la sortie (car il ne ferait plus leur affaire), ce mandat lui permettra de lancer son joker sur la scène. C'est vrai qu'il y a beaucoup de prétendants à Oyo, Edou, et leurs environs (Monaco pour les connaisseurs), mais le cœur du décideur ne bat pas pour tout le monde même si les états de service ne sont pas à la hauteur.

Sassou Fils décoré ici par Collinet MakossoSassou Fils décoré par son admirateur Makosso.

Anatole Collinet Makosso aura la charge de faire entrer Denis Christel Sassou-Nguesso dans son gouvernement à un poste de souveraineté. On pense à la défense ou à l'Intérieur (qui contrôle les élections). Seul problème non négligeable : le profil de l'intéressé ne passe pas du tout dans le pays. Si Sassou lui-même doit frauder à outrance (comme en 2016 avant d'emprisonner ceux qui ont gagné) ou même tuer (comme en 2021 au point d'embarrasser même ses amis français) pour rester à son poste, qu'en serait-il de son fils que d'aucuns considèrent comme venant du Congo d'en face d'où son surnom de « Kiki le Zaïrois » ?

Sassou-Nguesso devrait se poser la question de savoir pourquoi il connaît un tel grand désamour là où ses homologues à qui il n'envie pas grand-chose, réussissent sans forcer le trait ? La succession de son fils va incontestablement se heurter à la même difficulté, les mêmes causes provoquant les mêmes effets.

 

 

 

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