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GUINEE : L'ancien opposant en France, Alpha Condé, devenu dictateur à la tête de son pays, traduit en justice (aux ordres) une soixantaine d'opposants contestataires de son troisième mandat

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dim 09/05/2021 - 10:34
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Pendant 50 ans, Alpha Condé a rasé les murs en région parisienne, comme opposant pourchassé par les régimes de Sékou Touré et notamment de Lansana Conté. Devenu président de la République par plusieurs concours de circonstances dont nous vous épargnons le récit ici, le voici devenu, à son tour, plus dictateur que ne pouvait l'être Lansana Conté. Alpha Condé est un tortionnaire comme si sa vie d'opposant ne lui avait pas permis de tirer des leçons de la vie. Considéré, aujourd'hui, comme l'exemple à ne pas suivre par les intellectuels africains, Alpha Condé a eu tort de se renier après s'être envahi par l'argent et les honneurs que le pouvoir suprême lui ont procurés alors qu'il était l'espoir qui devait, définitivement, installer la démocratie et la bonne gouvernance sans lesquelles, la Guinée ne s'inscrira jamais sur la voie du développement.

Le gouvernement guinéen a annoncé qu'une soixantaine de personnes seraient jugées en lien avec la contestation et les troubles qui ont accompagné la présidentielle et le référendum constitutionnel ayant débouché en 2020 sur un troisième mandat d'Alpha Condé à la tête de l'Etat.

Toutes ces personnes, parmi lesquelles des figures de l'opposition, passent pour être détenues depuis plusieurs mois.

Pays pauvre d'Afrique de l'Ouest malgré d'importantes ressources naturelles, la Guinée a été le théâtre entre octobre 2019 et octobre 2020 d'une intense agitation autour de la candidature d'Alpha Condé, 83 ans aujourd'hui, à un troisième mandat. Il se déplace péniblement. Bientôt, il n'est pas exclu qu'il se serve d'une canne. Il a refusé d'être le Mandela de la Guinée (sur notre photo, Alpha Condé s'écroule lors d'un meeting de la campagne présidentielle. Visiblement, il ne tient plus debout mais veut deux autres mandats). La contestation, menée par l'opposition et une partie de la société civile et plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts civils et quelques morts dans les forces de sécurité. De ces morts, Condé n'en a cure. Seule la jouissance de son pouvoir l'intéresse, comme c'est le cas de ses amis dictateurs, qui l'ont soutenu dans cette épreuve de troisième mandat comme l'Ivoirien, Alassane Ouattara.

Alpha Condé avait soumis en mars 2020 un projet de nouvelle Constitution à un référendum couplé à des législatives et émaillé de violences. L'adoption lui a permis d'invoquer cette nouvelle Constitution pour s'affranchir de la limite de deux mandats et se présenter à la présidentielle d'octobre 2020, à nouveau, entourée de violences. Il a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. L'opposition a dénoncé un «coup d'état électoral». Les Etats-Unis, la France et l'Union européenne, ont émis des doutes sur la crédibilité de ces scrutins, qui n'en étaient d'ailleurs pas.

Alpha Condé tel quel du haut de ses 83 ans.Alpha Condé tel quel du haut de ses 83 ans.

Des centaines de personnes ont été arrêtées au cours de la mobilisation et après la présidentielle, selon les défenseurs des droits humains. Le porte-parole du gouvernement, Tibou Kamara, a indiqué, vendredi, 7 mai, soir, dans un communiqué, que 57 d'entre elles étaient renvoyées devant un tribunal. Huit d'entre elles seront jugées pour l'attaque d'un train minéralier dans laquelle trois gendarmes et un soldat avaient été tués dans un quartier périphérique de Conakry en proie aux heurts quelques jours après la présidentielle, a-t-il dit.

Le porte-parole a, aussi, évoqué le dossier d'Ibrahima Chérif Bah et Ousmane Gaoual Diallo, des responsables de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti dirigé par le principal challenger d'Alpha Condé à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo. Avec d'autres opposants, ils ont été arrêtés après la présidentielle et inculpés, selon leurs avocats, pour fabrication, détention et usage d'armes de guerre et légères, et atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

Même la jeunesse demande à Alpha Condé d'abandonner le pouvoir et de se reposer.Même la jeunesse demande à Alpha Condé d'abandonner le pouvoir et de se reposer

Quarante-neuf mis en cause seront jugés dans cette affaire, selon le porte-parole du gouvernement. Dans les deux dossiers, 40 personnes ont bénéficié d'un non-lieu et ont été relâchées, a-t-il ajouté. Les défenseurs des droits humains dénoncent le durcissement autoritaire du régime. Alpha Condé «rassure l'opinion nationale et internationale» quant à son attachement «au respect des Droits de l'Homme et de la dignité humaine», assure le porte-parole. Des paroles qui sont vides de sens.

Bref, Alpha Condé fait honte à la seule évocation de son nom en Afrique. S'il se regardait, régulièrement, dans un miroir, il ne supporterait pas l'horreur du reflet qui s'en dégage.

 

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