Aller au contenu principal

MALI : Après le Centrafrique, la France s'efface pour laisser s'installer la Russie (les Chinois en rigolent)

Image
Partager
Categorie
ven 04/06/2021 - 09:40
Body

Emmanuel Macron, le président français, a mis ses menaces à exécution, en suspendant, unilatéralement, jeudi, 3 juin, la coopération militaire française dans la lutte contre le djihadisme au Mali. Très (très) grosse erreur (que n'aurait jamais jamais commise un Mitterrand au pouvoir à Paris). Même si le Mali ne dispose pas de grosses caisses de résonance comme les médias français (RFI et France 24) qui annoncent (à tort) le déluge au Mali, il n'en sera rien. Rien du tout en dehors de quelques soubresauts. L'occasion a été, largement, donnée à la France de réparer les gros (gros) dégâts provoqués par Nicolas Sarkozy dont l'intervention désastreuse en Libye a détruit ce pays et provoqué toute la destruction d'une partie du Sahel. Car on oublie trop souvent que la présence militaire française dans le Sahel, c'est pour corriger les erreurs de Sarkozy. A l'appel du président de transition, le professeur, Dioncounda Traoré, en 2013, François Hollande avait envoyé l'armée française qui a pu stopper l'avancée des djihadistes qui menaçaient de prendre Bamako. Mais, depuis huit ans, cette intervention que Hollande annonçait pour trois ans au maximum, a fini par s'éterniser sans qu'on sache si elle finira un jour. Ce ne sont pas les colonels maliens au pouvoir qui demandent à négocier avec les djihadistes maliens qui occupent le Nord et le Centre du Mali, mais, c'est le peuple malien, dans son ensemble, qui demande aux colonels de parler avec les « frères » djihadistes pour faire la paix. Il faut que le nouveau gouvernement malien sache l'expliquer aux Africains sans utiliser un ton violent comme c'est le cas des Français aujourd'hui. Cela dit, il n'y a pas de fumée sans feu. L'éviction du président, Ba N'Daw, est la conséquence de sa soumission à la France au moment où les Maliens attendaient de lui qu'il montre son autorité et sache préserver les intérêts du Mali sur tous les fronts.

A l'origine de ce deuxième putsch (en neuf mois), une tentative du président, Ba N'Daw (avec un discret soutien d'Emmanuel Macron), de mettre à l'écart des militaires maliens jugés pro-russes.

La Force Barkhane ne réussissant pas (même avec l'apport d'autres pays européens appelés en renfort) à prendre le dessus sur les djihadistes, le colonel, Assimi Goïta, avec l'accord des militaires, et surtout, à la demande de la société civile, avait fini par demander de l'aide à Vladimir Poutine, qui a accepté.

Cette aide comprend pas moins de 2.000 conseillers militaires russes (Wagner ou non) et un soutien logistique important, comme en Centrafrique. Seule exigence de Poutine : que le président de la transition, Ba N'Daw, soit demandeur tout comme Assimi Goïta (sur notre photo à son retour d'Accra dimanche où il a participé au Sommet de la CEDEAO), ce qui devait convaincre Moscou que les deux têtes de l'exécutif vibraient au même diapason.

Arriva le Sommet économique France – Afrique du 18 mai, auquel était convié le président de la transition, Ba N'Daw. A Paris, il déballa tout devant Emmanuel Macron, qui piqua une grosse colère et lui ordonna d'écarter tous les militaires pro-russes embarrassants. D'où le remaniement précipité (et surprise) que le Mali a connu.

De retour à Bamako, le président, Ba N'Daw, en élève obéissant, dissout le gouvernement et reconduit son premier-ministre. Ce dernier, comme l'avait exigé Macron, lui proposa un gouvernement dans lequel des militaires proches d'Assimi Goïta furent écartés. Un crime de lèse-majesté ! Alors même que Ba N'Daw et Moctar Ouane furent placés à leurs postes par Assimi Goïta et ses amis militaires. Le summum de l'ingratitude !

C'était la première étape. Mais, les choses ne devaient pas en rester là.
La deuxième étape consistait à les mettre aux arrêts et refermer cet épisode, pour la continuité de la Françafrique au Mali.

Comme les militaires maliens ne sont pas dupes (comme peuvent l'être ceux de Côte d'Ivoire manipulés à outrance par Ouattara), Assimi Goïta et ses hommes sont allés mettre aux arrêts le président de la transition et son premier-ministre, avant de les conduire au camp de Kati. Là bas, ils ont, volontairement, signé leurs lettres de démission. Démocratiquement. Pour avoir vendu leur âme au diable.

Ce qui se joue, actuellement, au Mali, c'est une autre phase de la rivalité russo-française comme en Centrafrique. Ce que ne diront jamais (jamais) RFI et France 24. Aux médias maliens de le comprendre et cesser de jouer contre leur camp, celui des colonels maliens. Sauf s'ils sont anti-nationaux.

Le chien aboie la caravane passe : dimanche, 30 mai, les chefs d'Etat de la CEDEAO se sont réunis, à Accra, sous la présidence de Nana Akufo-Addo, après le constat d'échec de Goodluck Jonathan, le médiateur de la crise malienne, qui venait d'effectuer trois jours de mission à Bamako couronnés d'échec : malgré la présence du médiateur nigérian, à Bamako, la Cour constitutionnelle avait désigné Assimi Goïta comme le nouveau président de transition du Mali.

Lundi, 7 juin, c'est la Cour suprême, au complet, qui va l'introniser comme président (plein) de la transition. Il aura alors les coudées franches pour désigner comme premier ministre, Dr Choguel Maïga, le bras droit de l'imam Ousmane Dicko, la bête noire de la France qui est soupçonné d'entretenir des relations incestueuses avec les djihadistes maliens. Voilà pourquoi Emmanuel Macron avait parlé de ligne rouge. Malheureusement pour lui, cette ligne rouge sera franchie lundi, 7 juin, avec la nomination de l'homme de l'imam Dicko, tombeur d'IBK, l'homme de la France.

Les Africains sont choqués de la façon dont les Français se comportent en Afrique. Ils prennent l'Afrique comme leur arrière-boutique où ils font ce qu'ils veulent sans rendre compte à personne. Leur image ne peut pas s'améliorer eux qui se demandent quoi faire pour se faire aimer sur le continent. Comment veut-on que la CEDEAO et l'Union africaine aux ordres (de Paris), refusent de donner les mêmes prérogatives qu'on a largement attribuées au général, Mahamat Déby Itno, du Tchad ? Le Mali arrache ainsi son indépendance à la France qui la confisquait depuis les années 60. Et c'est bien ainsi. Désormais, personne ne parlera plus de deux poids, deux mesures en évoquant les cas Goïta/Déby Itno.

C'est comme si Vladimir Poutine et Xi Jinping saluaient au champagne la marginalisation d'Emmanuel Macron au Mali.C'est comme si Vladimir Poutine et Xi Jinping saluaient à la vodka la marginalisation (future) d'Emmanuel Macron du Mali.

Avec le départ annoncé par son chef suprême des armées, la Force Barkhane va laisser un boulevard aux forces russes qui n'en demandaient pas tant. Vladimir Poutine et Xi Jinping (on ne parle même pas de Recep Tayyip Erdogan), rigoleront bien sur le nez de la France qui entend (encore) jouer dans la cour des grands alors qu'elle n'en a plus les moyens.

 

 

Partager

Politique

Le 19 septembre 2002, des militaires originaires du Nord ivoirien et entraînés au Burkina Faso (Ibrahim Coulibaly dit IB, Chérif Ousmane, Koné Zakaria, Tuo Fozié, Touré Hervé, Issiaka Ouattara alia

Les conclusions du rapport des experts des Nations-Unies concernant les accusations d'exactions et d'atteintes aux droits humains commises par les mercenaires de la société de sécurité, Wagner, son

La ministre française des Armées, Florence Parly, s'est entretenue, mardi, 15 juin, avec le général de division, Laurent Michon, qui prendra le commandement de l’Opération Barkhane le 28 juillet.

Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du président de la République démocratique du Congo (RDC), a vu sa peine réduite lors de son procès en appel, mardi, 15 juin, de 20 à 13 ans de travaux fo