ASSASSINAT D'UN ETUDIANT DE l'UAC : La réaction toute de colère du président Nicéphore Dieudonné Soglo

L'étudiant, Djaho Théophile, peu ou prou contestataire, a été abattu par la police parce qu'il réclamait la fermeture de l'Université Abomey-Calavi (UAC) et des écoles afin qu'étudiants et élèves fussent protégés de la pandémie en observant le confinement. Ulcéré par ce crime odieux qui ne devrait plus arriver au Bénin, pays où la Conférence nationale de février 1990 avait défini le comportement que doivent avoir les forces de défense et de sécurité, règles qui, par la suite, ont été reprises par la constitution, l'ancien président, Nicéphore Dieudonné Soglo, a poussé un cri de colère qui est arrivé à notre rédaction. Nous publions sa déclaration du 26 mars, qui nous est parvenue avec quelque retard, et qui est une condamnation ferme du silence coupable de la classe politique, mais aussi, un hommage à l'illustre étudiant disparu.

Béninoises, Béninois,
Chers compatriotes,

Grand est notre écœurement de constater qu'une fois de plus, le sang béninois a coulé encore ; une fois de trop. Cette fois, il s'agit d'un jeune étudiant du nom de Théophile Dieudonné Djaho, froidement, abattu dans l’enceinte du campus universitaire d'Abomey-Calavi.

Notre indignation est d'autant plus grande de nous rendre compte que plusieurs jours après ce crime odieux et indigne contre notre démocratie, rare sinon aucun parti politique, aucun élu, aucune organisation religieuse, aucune organisation syndicale, aucune autorité gouvernementale ou policière ne s'est, à notre connaissance, officiellement, ému de ce crime gratuit.

Pire, la grande majorité de la presse nationale a fait un black-out presque total sur la mort du jeune étudiant, préférant réserver ses gros titres à la comédie électorale, - encore une -, qui se prépare afin de désigner les élus municipaux cette fois-ci.

Le peuple semble assommé, écœuré, incrédule. Gare au réveil !

Jamais, nous ne cautionnerons un régime qui n'a aucun respect pour la vie humaine. Faut-il rappeler à nos forces de l'ordre que leur vocation, telle que proclamée au sortir de la Conférence nationale de février 1990, est de préserver la vie des citoyens et non de se nourrir de leur sang ? Aussi, le ou les auteurs de cet acte crapuleux du 24 mars dernier doivent-ils être détectés et livrés à la justice dans les plus brefs délais.

Nous utiliserons tous les moyens légaux pour faire échec à la banalisation généralisée de la vie humaine par le régime en place.

Chers compatriotes, nous gagnerons ce combat pour la justice et la liberté quelles que soient les embûches, parce que nous avons décidé de rester dans la vérité contre l’amateurisme, la cruauté, l’entêtement et le manque d’expérience.

Je vous invite par ces temps de COVID-19 à vous protéger jusqu’au passage de la vague mortelle.

Vive la République !
Vive le Bénin !
Je vous remercie.

Nicéphore D. SOGLO
Ancien Président de la République
Ancien Maire de la ville de Cotonou
Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique,
Créé en 2006 à Maputo sous le haut patronage de Nelson MANDELA

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