BARKHANE : Le premier ministre français à N'Djamena sur un terrain de plus en plus miné par le terrorisme

Le premier ministre français, Jean Castex, est à N'Djamena, au Tchad, depuis le 31 décembre. Il est venu soutenir les troupes de la force antiterroriste Barkhane à l'occasion du Nouvel An au moment où trois soldats français ont trouvé la mort, lundi, au Mali dans l'explosion d'une mine artisanale, au passage de leur véhicule blindé. Une pas bonne nouvelle du tout quand on s'apprête à réveillonner avec Barkhane.

Mais, avant ce réveillon passé dans la douleur, Jean Castex s'est entretenu avec le dictateur local, qui venait de se bombarder maréchal des armées, après que sa folie des grandeurs eût atteint son pic. Idriss Déby Itno (c'est son nom) a reçu le premier ministre français, à l'Est du Tchad, dans son fief natal, Amdjarass.

Jean Castex est très content de l'entretien à lui accordé par le président tchadien, sans doute, parce qu'il rencontrait ce potentat pour la première fois. En réalité, la lutte contre le terrorisme doit faire l'objet de nouveaux et francs débats car, dans cette affaire, on dit combattre le terrorisme sans jamais l'éradiquer, ni même le repousser dans ses derniers retranchements. Au contraire, on a l'impression que plus on le combat, plus il se régénère et plus il se transforme. D'où la question qui se pose : le terrorisme est-il entretenu à des fins inavouables ou est-il au-dessus de la puissance de feu de nos forces armées qui le combattent ?

Parmi les dossiers les plus brûlants évoqués lors de l'entretien entre Jean Castex et Idriss Déby Itno, figure l'avenir de l'engagement militaire français au Sahel, alors que trois soldats sont morts lundi au Mali dans l'explosion d'une mine artisanale. Jean Castex leur a rendu hommage, jeudi, 31 décembre, soir, dans un discours prononcé au camp Kosseï à N'Djamena, centre de commandement de la Force Barkhane. Il a réveillonné, ensuite, avec des soldats parmi les 800 stationnés sur cette base, qui pilote les opérations sur toute la bande sahélo-saharienne.

Vendredi, 1er janvier, M. Castex devait aller à la rencontre des contingents positionnés à Faya-Largeau (Nord), contingents qui avaient bombardé une colonne rebelle tchadienne qui voulait descendre à N'Djamana, s'en prendre au pouvoir dictatorial de Déby. On a toujours dit que sans la France, Déby aurait depuis longtemps été éjecté du pouvoir. Autrement dit, tant qu'il sera au pouvoir, il sera l'otage de l'Elysée. C'est pourquoi il court à quatre pattes quand il est convoqué à Paris.

Jean Castex s'entretient avec Idriss Déby Itno (qui cache de plus en plus sa tenue de maréchal. En a-t-il honte) ?

Le maréchal de pacotilles recevra courant janvier ou février, le Sommet entre la France et les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad) engagés dans la lutte antiterroriste. Avant la tenue de ce Sommet, Déby ira prendre des « instructions » (comme d'habitude) auprès de son homologue français, Emmanuel Macron, avant de convoquer officiellement sa tenue. Il s'agit ici d'un rapport de maître à esclave.

La lutte contre le terrorisme tourne en rond aussi bien dans le Sahel que dans la région du Lac Tchad avec Boko Haram qui malmène les soldats nigérians mais aussi tchadiens, alors que le « maréchal » dit avoir l'une des armées les plus solides du continent. Comment se fait-il donc qu'une bande d'incultes qui ne veulent rien entendre sur l'éducation occidentale (qui est un péché pour eux) continuent de mener le Nigeria et le Tchad par le bout du nez alors que ces deux pays sont dirigés par d'illustres « soldats » ? Un général au Nigeria et un « maréchal » au Tchad. En face de ces deux géants aux pieds d'argile, Boko Haram ne compte que de 3.000 à 5.000 combattants au grand trop. Cherchez l'erreur et dites-moi où elle se trouve...

 

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