BENIN : L'apprenti-dictateur Patrice Talon frappe durement un tribunal de l'Union africaine

C'est ainsi qu'on devient dictateur. A force de grignoter des pans de liberté qui vous dérangent alors que vous vous en serviez quand vous cherchiez à arriver au pouvoir, on fait régresser la démocratie. Et quoi qu'on dise, la démocratie et l'état de droit reculent au Bénin, depuis l'arrivée du milliardaire et homme d'affaires, Patrice Talon, à la tête du Bénin.

Le gouvernement béninois a décidé de se retirer du protocole portant création de la Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP), a annoncé, jeudi, 23 avril, soir, Alain Orounla, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

« Cette décision résulte de ce que nous avons observé depuis quelques années, des dysfonctionnements et des dérapages de la Haute juridiction qui sort de plus en plus de son champ de compétences, au motif de protection des droits de l’homme. La Cour s’immisce dans des questions de souveraineté des Etats et des questions qui ne relèvent pas de sa compétence », a expliqué Alain Orounla, ministre porte-parole du gouvernement qui intervenait sur la télévision nationale. Orounla, donneur de leçons pour l'occasion, croit juger que la CADHP n'est pas dans son rôle. Triste constat d'un (petit) pouvoir autoritaire qui n'est pas à sa première dérive.

Dans une déclaration à la télévision publique, Alain Orounla a estimé que ce tribunal était en train de sortir de son champ de compétence au vu des dernières décisions qu'il a rendues.

Le 17 avril dernier, la CADHP a demandé au Bénin de suspendre l'organisation des élections municipales et communales prévues pour le 17 mai prochain suite à une plainte l'an dernier de l'opposant, Sébastien Ajavon, invoquant un risque de "préjudice irréparable". Sébastien Ajavon, aujourd'hui, en exil en Europe à cause de la méchanceté de Talon est cet opposant, milliardaire comme ce dernier, qui lui avait permis de gagner l'élection présidentielle, en 2016, en refusant d'apporter son soutien à Lionel Zinsou, lors du deuxième tour. Beaucoup de Béninois, y compris dans le camp de Boni Yayi, avaient félicité Ajavon d'avoir fait ce choix de coeur et de raison. Ce fut malheureusement une erreur qu'il paie très cher, Talon l'ayant, par la suite, contraint à l'exil.

"La juridiction est sortie de son champ d'application parce que, sous prétexte de sauvegarder les intérêts formulés par un requérant, elle pourrait mettre en péril les intérêts de toute une nation et les devoirs d'un gouvernement qui a la responsabilité d'organiser ses élections à bonne date", a déploré Alain Orounla, précisant que le Bénin demeurait membre de la CADHP et de la Charte africaine des droits de l'Homme.

La CADHP est une cour régionale créée pour assurer la protection des droits de l'Homme et des peuples, des libertés et des devoirs sur le continent.

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