BURKINA FASO : Au moins 28 morts dans une attaque terroriste à Ouagadougou. Plusieurs sites stratégiques ciblés.

Des hommes armés ont ouvert le feu ce 2 mars 2018 aux environs de 10h sur plusieurs sites dans le centre-ville à Ouagadougou, au Burkina Faso. L’état-major des armées, l’ambassade de France, et d'autres sites stratégiques sont les plus ciblés. On ne sait pas, encore, si cette attaque est liée au procès des ex-putschistes (généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé) qui a été reporté, il y a deux jours, à une date ultérieure. Ce n'est pas impossible. Le bilan, lui, est très lourd : au moins 28 morts et de dizaines de blessés.

Cette attaque terroriste aurait-elle eu lieu en plein procès des ex-putschistes de 2015 ? Si oui, comme certains le pensent à Ouagadougou, elle avait pour but de troubler la quiétude du procès et de montrer le climat instable qui prévaut à Ouagadougou. D'autres Ouagalais pensent que Blaise Compaoré, en exil involontaire à Abidjan après avoir perdu son pouvoir en 2014, voudrait le récupérer d'une manière ou d'une autre. Visiblement, les services de renseignement n'ont rien vu venir.

Des détonations ont été entendues ce vendredi, 2 mars, matin, au centre-ville de Ouagadougou, dans un périmètre comprenant le premier ministère, l’ambassade de France, le marché Rood Woko, l’état-major général des armées, sans que l’on sache quel en est l’épicentre ou les cibles visées.

Des hommes armés (au moins une dizaine) ont ouvert le feu sur l’ambassade de la France au Burkina. Selon un conseiller de la primature qui a été contacté au téléphone par BFMTV, « c'est l'ambassade de France qui a été visée par 4 personnes qui tiraient. L'attaque a été neutralisée et tout est actuellement sous contrôle ». Une explosion a, par ailleurs, été entendue au niveau de l’état-major général des armées. Un véhicule bourré d'explosifs aurait sauté causant des dégâts immenses en matériel et en hommes. Une énorme volute de fumée s’y dégageait, ainsi que, des coups de feu intenses. Les terroristes étaient déterminés à faire le maximum de victimes. Ils savaient qu'ils allaient être abattus, ce qui s'est d'ailleurs passé.

Le centre-ville s’est vidé pendant que des commerces et des lieux de travail ont été fermés. Des barricades ont été érigées par les forces de sécurité à plusieurs endroits de la ville. 

Les auteurs et la nature de l’attaque n’ont pas encore été déterminés. La gendarmerie et la police nationales, dans des communiqués, ont invité les populations à garder leur calme et à éviter la zone de l’attaque.

Le diplomate, Jean-Marc Châtaigner, nommé envoyé spécial de la France pour le Sahel, qualifie les événements à Ouagadougou "d'attaque terroriste", sur Twitter.

Actuellement, c'est l'évaluation de la situation à laquelle se livrent les autorités burkinabé, en concertation avec celles de la France qui essaie de mettre en route la Force du G5 Sahel, justement, pour faire face à ce genre de situations. Les 450 millions d'euros pour permettre aux 5.000 soldats burkinabé, maliens, nigériens, mauritaniens et tchadiens, de bien faire leur boulot, peinent à être rassemblés. L'Union européenne va donner 100 millions d'euros, l'Arabie Saoudite 100 millions de dollars, la Turquie 5 millions de dollars, la France 8 millions d'euros en matériel, les Etats-Unis 60 millions de dollars sur le plan bilatéral, le Burkina, le Niger, le Tchad, la Mauritanie et le Mali, chacun, 10 millions d'euros. Les pays contributeurs, de façon générale, refusent de donner. Quand c'est le cas, c'est à minima et on continue de tourner en rond depuis juillet où Emmanuel Macron essaie de lancer cette excellente initiative.

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