BURKINA FASO : « Thomas Sankara était un homme bon et vrai », dit Mariam, sa veuve. Afriqueeducation.com confirme

Le 15 octobre 1987, c'est par la radio que Mariam Sankara a appris la mort "inimaginable" de son mari Thomas, père de ses deux fils et de la révolution burkinabè, tombé sous les balles d'un commando à 37 ans seulement.

Trente ans après, elle réclame que "les commanditaires et les auteurs" de cet assassinat soient, enfin, sanctionnés pour "que justice soit rendue".

On ne peut cacher la vérité qui s'étale sous nos yeux : le principal commanditaire de ce meurtre qui attrista tant d'Africains, Blaise Compaoré, autrement appelé l' « alter ego » de Thomas Sankara, est, aujourd'hui, réfugié, en Abidjan, sous la très haute protection d'Alassane Ouattara (notre photo), un autre Africain dont les méthodes d'accession au pouvoir, furent loin, très loin, d'être orthodoxes et qui, tôt ou tard, devra répondre de ses actes, qui ont fait couler beaucoup de sang en Côte d'Ivoire, un pays qui n'est, d'ailleurs, pas le sien, Alassane Ouattara étant un ressortissant du Burkina Faso.

Alors qu'on fête les 30 ans de l'assassinat du capitaine, Thomas Sankara, par son « alter ego », le capitaine, Blaise Compaoré, le président, Alassane Ouattara, l'homme par qui la Côte d'Ivoire d'hier, d'aujourd'hui et de demain, connaît et connaîtra les désagréments de l'instabilité, a bloqué son extradition au Burkina Faso, empêchant toute manifestation de la vérité dans ce crime odieux. L'histoire parlera bientôt. Le bon sens aussi.

"On ne regrette pas d'avoir connu un homme comme lui", confie sa veuve Mariam Sankara, à l'occasion des 30 ans de l'assassinat de cet illustre Africain. "Thomas était une personne agréable, il était simple, convivial", se remémore cette femme discrète de 64 ans qui vit depuis 1990, à Montpellier, dans le Sud de la France, en évoquant "la gaieté" de son mari disparu.

Le jour de sa mort, rien ne laissait présager sa fin sanglante, "on devait se retrouver le soir avec des amis", raconte-t-elle à mi-voix. "Je suis allée à mon travail comme d'habitude".

"Quand je suis revenue à la maison pour déjeuner, Thomas était en train de travailler à son bureau. Après, il est venu me chercher pour que je l'aide à mettre son discours au propre".

"Ensuite, je suis retournée au travail. C'était un jeudi. Les jeudis et les lundis à l'époque, on pratiquait le +sport de masse+", préconisé par Thomas Sankara pour tous les employés de la fonction publique.

"Vers 16H00, j'étais au sport avec mes collègues de travail et j'ai vu le chef du protocole arriver avec mes enfants à bord d'une voiture. Il m'a demandé de monter rapidement et nous a conduits chez des amis".

"Une amie m'avait appelée pour me dire qu'elle avait entendu des tirs du côté du Conseil de l'entente (siège du gouvernement à l'époque, ndlr) mais cela ne m'avait pas autrement inquiétée".

"C'est le soir en écoutant RFI que j'ai compris que c'était fini pour mon mari", dit-elle simplement. Leurs deux fils étaient alors âgés de 7 et 5 ans.

"Il y avait des tensions avec Blaise Compaoré. Il n'était plus un visiteur fréquent à la maison", se souvient Mariam Sankara.

L'assassinat de Sankara et de douze de ses compagnons était un sujet tabou sous le régime de Blaise Compaoré, resté au pouvoir pendant 27 ans jusqu'à sa chute en octobre 2014.

Mais la justice burkinabè a ouvert une enquête il y a deux ans et un procès semble se profiler.

"La vérité est petit à petit en train de se faire connaître. On espère que les commanditaires et les auteurs de ces actes seront sanctionnés".

Et Mariam Sankara espère voir Blaise Compaoré, réfugié en Côte d'Ivoire, devant les juges : "Je souhaiterais qu'il vienne répondre à la justice".

Que Dieu et Ouattara entendent le cri de cette femme !

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