BURKINA FASO : Un blindage de la Constitution, mardi 3 novembre à l'Assemblée nationale, qui inspirerait le Congo-Brazzaville

Pour enlever toute velléité aux Burkinabè qui pourraient, comme Blaise Compaoré, avoir, un jour, envie de modifier la constitution, pour leur propre intérêt, le CNT (Conseil national de transition), va devoir durcir, considérablement, deux articles clés du texte. Tous les députés ont répondu à l'appel, le 27 octobre, jour où le principe de cette modification a été adoptée : 81 députés sur les 82 votants ont dit OUI à la modification, une procédure qui obéit à l'article 163 de la même constitution qui requiert l'approbation de la majorité des parlementaires avant toute révision. Le Burkina Faso se dirige, donc, vers la Cinquième République.

Pour aller vite car le temps presse, la transition prenant fin avec l'élection présidentielle du 29 novembre 2015, la révision de la Constitution ne portera que sur quelques dispositions, dont le verrouillage de l'article 37, qui limite, à deux, le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Elle devrait, aussi, concerner la suppression du Sénat, une instance budgétivore dont l'utilité est sujette à caution, par ces temps de difficulté budgétaire.

Ces deux points, on s'en souvient, avaient conduit à l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

C'est la même volonté de mourir au pouvoir qui risque de signer la chute du régime du président congolais, Denis Sassou Nguesso. En effet, malgré le tollé général que son initiative a suscité, il a opté, le 25 octobre 2015, contre l'avis d'une écrasante majorité de sa population, pour une présidence à vie, en changeant la constitution pour son seul intérêt. Un choix véritablement suicidaire.

Sassou Nguesso et Blaise Compaoré avaient, ensemble, mis en place, en 2014, un plan qui devait leur permettre de contourner tous les obstacles afin de mourir au pouvoir, malgré l'hostilité de leur peuple.

Malheureusement, le 30 octobre, Blaise Compaoré fut chassé de son pays comme un malpropre, après 28 ans de présidence de la République.

Il rata d'ailleurs un lynchage public qui aurait pu lui coûter la vie.

Sassou est, lui aussi, dans de beaux draps. Malgré le chute de Compaoré, il s'est lancé à son tour dans la même opération où il n'a aucune chance de réussir.

La détermination de l'opposition, de la société civile et de tout le peuple congolais, sans oublier la diaspora, fortement, soutenus par la communauté internationale, montre que les jours de Sassou au pouvoir, sont, résolument, comptés.

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