BURKINA FASO/TAIWAN : Rupture des relations diplomatiques

Le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan, qui apportait une aide importante au pays en échange de son soutien diplomatique, a annoncé, jeudi, 24 mai, le ministre des Affaires étrangères Alpha Barry. Après le Sénégal sous Abdoulaye Wade, en octobre 2005, le Burkina Faso dirigé par Roch Marc Christian Kaboré choisit la République populaire de Chine dont la condition pour coopérer avec elle est de cesser tout lien de partenariat avec la « petite sœur insolente ».

"Le gouvernement du Burkina décide ce jour de rompre ses relations diplomatiques avec Taïwan", a annoncé Alpha Barry lors d'une déclaration à son ministère à Ouagadougou.

"Depuis 1994, le Burkina Faso entretient des relations de coopération avec Taïwan. Mais aujourd'hui, l'évolution du monde, des défis socioéconomiques actuels de notre pays et de notre région recommande que nous reconsidérions notre position", a-t-il précisé.

"Cette décision est guidée par la ferme volonté de défendre les intérêts du Burkina et de son peuple dans le concert des nations et de nouer de meilleurs partenariats afin de consolider le développement socio-économique de notre pays et faciliter les projets régionaux et sous-régionaux", a poursuivi le ministre.

"Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré m'a instruit en ma qualité de ministre des Affaires étrangères et de la Coopération à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la fermeture de notre ambassade à Taipei et celle de Taïwan dans notre pays", a-t-il conclu.

La décision du président du Faso de rompre les relations diplomatiques avec Taïwan, doit être récente. Car, il y a deux mois, tout allait bien et rien de mal n'était à signaler.

En visite de travail au Burkina Faso, le vice-ministre des Affaires étrangères de la République de Chine (Taïwan), José Maria Liu, avait été reçu en audience, dans la soirée du 27 mars 2018 par Roch Marc Christian Kabore (notre photo).

Après son entretien avec le chef de l’Etat, José Maria Liu avait indiqué avoir transmis les salutations de la présidente de la République de Chine (Taïwan), Tsai Ing-wen, et présenter les condoléances de son pays au président du Faso et aux familles des défunts, suite à la double attaque terroriste du 2 mars 2018 à Ouagadougou. Avec le chef de l’Etat, il avait été, aussi, question du renforcement de la coopération en vue d’approfondir les relations entre les deux pays.

Selon José Maria Liu, les sujets de coopération évoqués avaient concerné l’agriculture, la santé, la formation professionnelle, les énergies solaires, la sécurité. Au sujet de ce dernier volet, le ministre avait rappelé le don de deux hélicoptères en juin 2017 et dit que la présidente de la République de Chine (Taïwan) venait de valider un autre don de 3 hélicoptères de même type. Il avait, aussi, confié qu’il y avait dans le circuit, 50 véhicules de type Hammer qui devaient être acheminés au Burkina dès que certaines procédures seraient terminées.

José Maria Liu avait, également, transmis une invitation de la présidente de la République de Chine (Taïwan) au président du Faso pour une visite officielle à Taïwan et exprimé le souhait de la présidente, Tsai Ing-wen, pour une visite officielle au Burkina Faso. Mais, au moment où on pensait que la diplomatie des deux pays était en train de travailler à la concrétisation de ces deux invitations, c'est plutôt à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, à laquelle on a eu droit.

Depuis 2000, plusieurs pays africains, qui recevaient des aides de Taïwan, ont rompu leurs relations avec ce pays afin de bénéficier de ce que peut lui apporter la coopération avec la Chine, qui pousse les pays à s'éloigner de Taïwan.

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