Burundi : la Cour constitutionnelle ordonne l'investiture d'Evariste Ndayishimiye au plus vite sous le diktat des généraux

Comme l'exigeaient les généraux, véritables propriétaires du Burundi, le nouveau président, le général, Evariste Ndayishimiye, qui est un des leurs, sera investi "le plus rapidement possible". C'est la décision prise ce vendredi, 12 juin, par la Cour constitutionnelle du Burundi, à leur demande pressante, après le décès prématuré du président sortant, Pierre Nkurunziza. Si on avait respecté la constitution, le mandat de Pierre Nkurunziza, devrait s'achever le 20 août.

"Le président élu, Evariste Ndayishimiye, doit prêter serment le plus rapidement possible", a, donc,décrété la Cour, selon le responsable de la communication présidentielle, l'incontournable, Willy Nyamitwe.

Le général Ndayishimiye devait initialement prendre ses fonctions le 20 août, à la fin du mandat de Pierre Nkurunziza.

Selon la Constitution de 2018, en cas de vacance de poste définitive de la présidence, l'intérim est censé être assuré par le président de l'Assemblée nationale, poste actuellement occupé par Pascal Nyabenda.

Mais, la Cour a considéré que "l'objet de l'intérim disparaît par le fait juridique de l'existence d'un nouveau président élu". Argument contesté par certains constitutionnalistes qui parlaient d'une interprétation biaisée de la constitution.

La mort inopinée de Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 15 ans, a ouvert une période d'incertitude pour son pays, dont l'histoire est marquée par une longue guerre civile. Le régime souhaitait accélérer la prise de fonctions du général Ndayishimiye pour éviter toute turbulence.

Acquise à sa cause, la Cour constitutionnelle l'a suivi sur ce point. Dans les faits, la décision de renoncer à un intérim a été prise par les généraux issus de l'ancienne rébellion hutu lors de la guerre civile qui partageaient la réalité du pouvoir avec le défunt président.

"Les généraux ont finalement opté pour une intronisation immédiate du président élu pour éviter une longue période de transition et les tensions qui pourraient naître de ce fait" entre eux, chuchote un haut responsable burundais. Malgré le fait que le général Ndayishimie était le candidat des généraux et non celui choisi par Pierre Nkurunziza, le président décédé avait quand même joué le jeu en faisant campagne pour lui (notre photo).

Le Burundi va-t-il rester une terre de contradictions ?

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