CEEAC : Sassou prend-il la présidence en exercice de l'organisation pour bétonner la présidentielle de mars 2021 au Congo-Brazzaville ?

La 17e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) du 30 juillet, présidée par le Gabonais, Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC, a consacré l’entrée en vigueur du Traité révisé de l’institution. Grâce au président gabonais et à son ancien dynamique ministre des Affaires étrangères, Alain-Claude Bilie-By-Nze, la CEEAC a réussi sa mutation interne. Il ne lui reste plus qu'à se mettre au travail en imitant la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) dont le rythme des réformes est tout à fait satisfaisant, notamment, celle qui engage l'organisation dans la mise en place de la monnaie ECO en lieu et place des monnaies existantes dont le F CFA. Les président et vice-présidente de la nouvelle Commission de la CEEAC s'appellent, l'Angolais, Gilberto Da Piedade Verissimo et l'Equato-Guinéenne, Francisca Tatchouop Belope. L'Angola et la Guinée équatoriale sont deux pays qui ne sont à proprement parler pas dans le giron d'influence de la France. Il leur appartiendra, donc, d'initier des études en vue de la mise en place d'une monnaie commune dans un environnement où l'économie de certains pays comme la RDCongo, le Burundi, est, réellement, abîmée et requiert beaucoup de sacrifices. Cela dit, on notera que la présidence en exercice de la CEEAC donne la primeur au président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso. On ne sait pas par quelle alchimie il a devancé Paul Biya du Cameroun qui était favorisé par l'ordre alphabétique. Cela dit, l'activisme de Sassou n'est pas neutre. On imagine qu'il utilisera la CEEAC à fond dans le cadre du contentieux électoral que son pays risquera de connaître à l'occasion de sa réélection (contestée) en mars 2021. D'ores et déjà, il préfère s'entourer d'un maximum de garanties et de canaux de protection à des fins personnelles. Les choses vues sous cet angle, Paul Biya ne pouvait qu'être très compréhensif pour laisser passer son tour. Aux Congolais d'être vigilants.

La mise en place de la nouvelle Commission qui remplace le secrétariat général se fera en douceur. Les chefs d’Etat ont fixé à 12 mois maximum, la période transitoire du personnel actuellement en poste au secrétariat général de la CEEAC à partir de l’entrée en fonction de la Commission. Le Conseil des ministres est chargé de confectionner la grille de rémunération de base du personnel de la Communauté, en vue de vérifier sa soutenabilité financière et sa conformité avec le statut du personnel, adopté le 18 décembre 2019.

En dehors du président et de la vice-présidente de la future commission, le poste de commissaire au marché commun, affaires économiques, monétaires et financières échoit au Rwandais François Kanimba. Le Rwanda n'est pas non plus une marionnette d'aucun pays du Nord pour qu'on craigne que François Kanimba fera le jeu de telle ou telle puissance. Le Congolais Honoré Tabuna est nommé commissaire à l’environnement, ressources naturelles, agriculture et développement rural. La Camerounaise Marie Thérèse Chantal Ngakono, épouse Mfoula Edjomo, dirigera l’aménagement du territoire et les infrastructures. Le poste de commissaire des affaires politiques, paix et sécurité, ainsi que, celui du commissaire à la promotion du genre, développement humain et social restent à pourvoir.

Denis Sassou-Nguesso prendra la présidence en exercice de la CEEAC (pour un an), en novembre prochain, lors du dernier Sommet convoqué par son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba (notre photo).

Les plus populaires