CENTRAFRIQUE : De l'indépendance au chaos généralisé

La Centrafrique a accédé à l'indépendance le13 août 1960. C'était hier au regard de l'histoire du monde... La Centrafrique à 60 ans est une jeune nation au destin tragique.
L'opinion publique ne retient, la plupart du temps, de ces soixante années que les facéties de Jean-Bedel Bokassa et son incroyable sacre, "l'affaire des diamants", les nombreux coups d'état qui ont jalonné l'histoire de ce pays d'un peu plus de 4 millions d'habitants, situé au coeur du continent.

Depuis 2013, la Centrafrique offre au monde l'image d'un Etat impuissant, d'un pays à genoux, en proie à la folie destructrice et meurtrière des milices armées et ne survivant que grâce à l'aide internationale.

L'autorité de l'Etat est battue en brèche par des milices armées, qui occupent 80 % du territoire et de préférence, des zones diamantifères ou aurifères.

L' insécurité alimentaire frappe une grande partie de la population (sur notre photo le "général 4 étoiles" Ali Darassa en inspection dans sa zone conquise le 16 mars 2019 à Bambari).
 
Le conflit a détruit l'agriculture, l'économie du pays.

Pour l'instant, la Centrafrique paraît épargnée par la pandémie de coronavirus, mais, pour combien de temps encore ? 

La richesse exceptionnelle de sa flore et de sa faune sauvage est mise en danger par un système bien organisé de braconnage. 

Face à ce triste  constat et à quelques jours de ce soixantième anniversaire, on est tenté d'interpeller les chefs de guerre et les responsables politiques qui, depuis 2013, ont conduit le pays à la ruine et au chaos, les uns en mettant le pays à feu et à sang, les autres en ne renonçant pas aux vieux démons que sont l'ambition personnelle, le clientélisme, le clanisme et la corruption. 

Que souhaiter au peuple centrafricain, soixante ans après l'indépendance, à quelques mois des élections présidentielles ? 

La paix, pour une population épuisée  par plus de sept années de violences (exactions, viols, massacres, kidnappings, rackets ...) et l'émergence d'une classe politique responsable, au service de l'intérêt général et non d'intérêts personnels ou particuliers. 

Les politiques centrafricains doivent prendre toute la mesure du travail à mener pour reconstruire la confiance et rétablir la paix.

C'est à la fois un rôle historique auquel la classe politique centrafricaine est appelée et un immense privilège que de participer à la reconstruction de son pays, d'aider ses concitoyens à se relever et de mettre fin à leurs souffrances.

Il faut esperer qu'une étincelle de lucidité lui permette de mettre fin aux divisions, aux vaines querelles de pouvoir et de personnes. 

Patrick David 
est docteur en droit.

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