CENTRAFRIQUE : L'appel du Pape François a peu de chance d'être entendu

Le 6 janvier 2021, le pape s'est dit préoccupé par la situation en Centrafrique et a appelé toutes les parties au dialogue. Mais, le Saint-Père a-t-il de chance de se faire entendre plus que les autorités centrafricaines, les chefs d'Etat de l'Afrique centrale, le Conseil de sécurité des Nations-Unies ?

Cet appel à " un dialogue fraternel et respectueux, à repousser la haine et à éviter toute forme de violence ", pour reprendre les termes du Souverain Pontife, a peu de chance d'être entendu.

 

Si les Centrafricains sont majoritairement chrétiens et pratiquants, beaucoup ont rejoint les églises protestantes évangéliques qui gagnent du terrain. François Bozizé et Faustin ArchangeTouadera sont très proches de ces mouvements confessionnels. François Bozizé est même pasteur de l'Église du christianisme céleste et de l’Etat centrafricain.

 

De son côté, la minorité musulmane effrayée par les violences perpétrées par les milices chrétiennes (anti-balakas) qui demeurent sourdes aux appels à cesser les violences des autorités religieuses catholiques, reste sur la défensive.

 

Quant aux milices, manifestement,  elles ne comprennent que le langage de la force et de l'intimidation.

 

La classe politique est divisée et donc incapable de construire les bases d'une paix juste et durable.  

 

Malgré les efforts, pour convaincre, du Cardinal archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, influent au sein de la plate forme des confessions religieuses de Centrafrique, le message du Souverain Pontife, personnalité pourtant respectée après sa visite en novembre 2015 en Centrafrique, a peu de chance d'être entendu (sur notre photo le pape et le cardinal de Bangui).

 

Ces constats ne conduisent pas à être optimiste d'autant que, par ailleurs, on ne sait pas grand'chose de l'offensive des rebelles, même si les propos des autorités onusiennes se veulent rassurants.  

 

Patrick David 

Docteur en Droit.

 

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