CENTRAFRIQUE : La course au pouvoir (à sept mois de l'élection présidentielle)

Le lancement de la nouvelle plate-forme de la majorité présidentielle, "Coeurs Unis ", en vue des élections, le 15 mai 2020, témoigne de la volonté du président, Faustin-Archange Touadéra, et de ses alliés, de rester au pouvoir.

Ce ne sont pas les seuls à être obsédés  par la perspective des échéances électorales. 

Le premier tour de ces  élections est prévu pour le 27 décembre prochain. 

Toute la classe politique centrafricaine, tous partis confondus, s'est mise en ordre de bataille. 

Ce qui aurait pu  être interprété comme un signe positif  en faveur de la démocratie apparait plutôt comme un comportement quelque peu surréaliste et irresponsable quand on sait que les milices armées continuent d'occuper 80% du territoire national et de perpétrer  des massacres dont le dernier en date à Ndélé, remonte à mars et avril 2020 et a fait de nombreuses victimes. 

L'accord de paix conclu à Khartoum (sur notre photo la cérémonie de signature de l'Accord de paix entre le gouvernement et les 14 rébellions le 6 février à Bangui 2019 réunissant tout le personnel politique national et les représentants de l'Union africaine et des Nations-Unies), la présence de la MINUSCA, les actions menées par les FACA, le recours à des mercenaires,  n'ont, pour le moment, pas permis de venir à bout des milices. 

Parmi la population civile, beaucoup s'interrogent et souhaiteraient que la classe politique montre plus d'empressement à être plus présente sur le terrain, en province, en brousse, aux côtés des populations, des victimes au lieu de veiller prudemment à ne pas s'éloigner de la capitale et des allées du pouvoir. 

Le plus grand danger, en se conduisant  de cette manière,   pour la classe politique centrafricaine, est de perdre la confiance du peuple centrafricain et de ce fait,  faire courir  un risque  pour la démocratie, pour les institutions, pour le retour à la paix, à une paix que la Centrafrique ne connaît plus depuis 2013.

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme", mais, le mal de la politique, c'est quand du pouvoir, elle sépare la conscience. . .

La tragédie du peuple centrafricain a toutes les chances de passer inaperçue dans un monde en butte à la pandémie de coronavirus. 

Patrick David
Observateur de la vie publique centrafricaine
France

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