CENTRAFRIQUE : Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge d'un an les sanctions (à cause d'un pouvoir défaillant).

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a adopté, mardi, 4 août, une résolution visant à prolonger d'un an les sanctions contre la République centrafricaine (RCA). Le gouvernement n'aura donc pas réussi à enlever les sanctions qui pèsent sur le fonctionnement des institutions, notamment, l'équipement en bonne et due forme de l'armée. Les Nations-Unies justifient une telle décision par l'incapacité manifeste du gouvernement à réduire l'activité des 14 milices qui écument près de 80% de la superficie du pays. A quoi a donc servi la présence de « l'alliée » russe (et ses mercenaires) dont la mission principale semble (finalement) être l'exploitation des ressources naturelles du pays ? A-t-on vraiment livré le pays aux Russes sans contrepartie comme cela semble être le cas ? Cette question est posée car on ne voit pas la contrepartie de la présence russe en RCA.

La résolution 2536, adoptée à l'unanimité par les 15 membres du conseil, a décidé de renouveler le régime de sanctions, à savoir, un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs, jusqu'au 31 juillet 2021, mais également, de prolonger le mandat du groupe d'experts, qui aide le Conseil de sécurité à mettre en œuvre les sanctions, jusqu'au 31 août 2021.

La résolution a, aussi, demandé au groupe d'experts de fournir au Conseil de sécurité un rapport à mi-parcours, au plus tard, le 31 janvier 2021, et un rapport final, au plus tard, le 30 juin 2021.

La résolution a exprimé une préoccupation particulière concernant les informations faisant état de réseaux de trafics transnationaux illicites, qui continuent de financer et d'approvisionner des groupes armés en RCA, et demandé en conséquence au groupe d'experts de consacrer une attention particulière à l'analyse desdits réseaux.

Elle a, par ailleurs, demandé aux autorités centrafricaines d'établir un rapport d'ici le 15 juin 2021 sur les progrès accomplis en matière de réforme du secteur de la sécurité du pays, le processus de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de rapatriement des membres des groupes armés et la gestion des armes et des munitions.

La résolution a demandé au secrétaire général de l'ONU de procéder, au plus tard, le 15 juin 2021, à une évaluation des progrès réalisés par les autorités centrafricaines sur ces repères clés aux fins d'un examen par le Conseil de sécurité de l'embargo sur les armes imposé au gouvernement centrafricain (sur notre photo le patron de l'ONU Antonio Guterres à Bangui visiblement au milieu du gué).

La résolution a, enfin, affirmé l'intention du Conseil de sécurité de réexaminer le régime de sanctions, à tout moment si nécessaire, à la lumière de l'évolution de la situation sécuritaire dans le pays et des progrès accomplis en matière de conditions clés.

La RCA est plongée dans une guerre civile depuis 2012, et la présence de groupes armés a empêché le gouvernement d'établir une autorité étatique dans le pays. Les cinq ans passés au pouvoir par le président, Faustin-Archange Touadera, n'ont en rien aidé à ramener la paix au pays car on se souvient qu'au moment de la fin de la transition de la présidente, Catherine Samba-Panza, 14 préfectures sur les 16 étaient pratiquement sous le contrôle du gouvernement. L'arrivée d'un chef d'Etat démocratiquement élu a donc consacré le recul du pays en l'enfonçant encore plus dans les abîmes de l'insécurité. Quel dommage !

D'où la question de savoir comment va se dérouler la prochaine élection présidentielle dont le premier tour aura (théoriquement) lieu en décembre ? Au regard de la totale incertitude qui plane sur cette importante échéance, l'opposition, par la bouche de son chef, Anicet Georges Dologuélé, demande, ouvertement, un dialogue que le gouvernement ne peut refuser car il est dos au mur. Objectif : mettre toutes les questions à plat d'autant plus que tout laisse penser que le pays va vers une nouvelle catastrophe. Et Anicet Georges Dologuélé d'aviser que si le gouvernement persistait dans son mutisme actuel, il devrait très vite faire face à des manifestations monstres des Centrafricains.

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