COLONISATION : Un (petit) pas de la France vers l'Algérie qui va dans le bon sens

Emmanuel Macron est prêt à remettre à l'Algérie une copie des archives de la période coloniale française (1830-1962), réclamée depuis des années par Alger. Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, en visite, en France, l'a annoncé, jeudi, 7 décembre, à Paris, saluant une "percée" pour le dossier sensible de la "mémoire" franco-algérienne. Une seule phrase à l'endroit du président français, Emmanuel Macron : « Continuez Monsieur le Président » !

Au lendemain de la visite du président français en Algérie, Ahmed Ouyahia était reçu, jeudi, 7 décembre, à Matignon (premier ministère), par son homologue, Edouard Philippe, dans le cadre d'un "comité intergouvernemental de haut niveau" organisé, régulièrement, par les deux pays.

Mercredi, à Alger, Emmanuel Macron (sur notre photo reçu par Abdelaziz Bouteflika) s'est dit "prêt" à ce que Paris restitue les crânes d'insurgés algériens tués au XIXe siècle par l'armée française et conservés au Musée de l'Homme à Paris, un geste attendu par l'Algérie.

Selon Ahmed Ouyahia, le président français a, également, dit la "disponibilité" de la France à remettre une "duplication" des archives de la période coloniale (1830-1962), un sujet que le président, Emmanuel Macron, n'avait pas évoqué, mercredi, 6 décembre, devant la presse à Alger. Nous disons : Félicitations au jeune président français. Une seule phrase : « Continuez Monsieur le Président » !

"Le dossier du passé, l'Algérie ne le soulève pas pour enfermer les relations algéro-françaises dans le passé mais pour alléger la démarche commune vers l'avenir, donner plus d'entrain, en prenant en charge quelques soucis que nous avons", a, très justement, affirmé Ahmed Ouyahia, comme pour répondre, indirectement, à Emmanuel Macron qui ne cesse d'invoquer sa jeunesse (il est né après la colonisation) pour « solder », à sa façon, le lourd contentieux colonial entre la France et l'Algérie.

Edouard Philippe a, pour sa part, dit sa volonté de développer la relation bilatérale "en regardant notre passé droit dans les yeux, dans ses zones d'ombre, dans ses éléments de lumière aussi". Edouard Philippe n'a, cependant, pas terminé sa phrase car après avoir regardé ce passé droit dans les yeux, il faudra faire de sorte que la France et ses anciennes colonies, puissent se regarder en face, se donner l'accolade, parce qu'il n'y aura plus (moins) de rancoeur, de colère, dans leur relation. Cela suppose que la France demande pardon pour ses faits coloniaux et répare le préjudice subi. Et la France sera, alors, (re)vue en Afrique avec les yeux de Chimène.

Concernant la remise des crânes des insurgés algériens, "la partie algérienne va terminer le dossier procédural, la partie française va préparer la loi puisqu'il en faut une", a indiqué le premier ministre algérien.
Après une demande officielle de l'Algérie, une "loi de déclassification" doit être adoptée par le parlement français pour autoriser la restitution, a confirmé Matignon.

Une procédure, obligatoire du fait du principe d'inaliénabilité des collections publiques, déjà, suivie en 2010 pour restituer des têtes maories momifiées.

Des universitaires français et algériens demandent, depuis plusieurs années, que soient rapatriés en Algérie 37 crânes d'Algériens, révoltés durant la deuxième moitié du XIXe siècle contre la colonisation française, et entreposés depuis la fin du XIXe siècle au Musée de l'Homme à Paris.

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