CONFLIT ETATS-UNIS/IRAN : Pourquoi Khamenei fait chanter Trump avec succès

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a exclu, mardi, 17 septembre, toute négociation avec Washington à l'heure où le président américain, Donald Trump, s'est dit disposé à rencontrer son homologue iranien, Hassan Rohani, tout en menaçant Téhéran à la suite d'attaques ayant visé l'Arabie saoudite. Ces attaques, menées, samedi, 14 septembre, par des drones sur deux installations pétrolières importantes du royaume, ont été revendiquées par les rebelles houthis du Yémen qui sont soutenus par l'Iran, le grand rival régional du royaume saoudien. Elles ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, à hauteur de 5,7 millions de barils par jour, soit, environ, 6% de l'approvisionnement mondial de pétrole. Pour contenir la surchauffe, Washington a décidé de calmer le marché en y injectant une partie des réserves stratégiques du pays.

Donald Trump, dans un premier temps, avait menacé de frapper l'Iran avant de vite se raviser, l'Iran n'étant pas un enfant de choeur, sur le plan militaire. Téhéran souhaiterait même entrer en conflit militaire ouvert avec Washington confiant des dégâts que ses soldats feraient subir aux forces américaines.

En effet, un haut commandant du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a déclaré dimanche à Presse TV que les bases militaires américaines dans la région sont à la portée des missiles iraniens.

"En plus des bases américaines dans la région, nous avons tous leurs navires, y compris les porte-avions et les navires de guerre, sous le feu de nos missiles dans un rayon de 2.000 km, et nous les surveillons constamment", a déclaré le général, Amir Ali Hajizadeh, commandant de la division aérospatiale de la CGRI.

"Ils (les Américains) pensaient qu'ils pourraient être en dehors de notre portée de tir s'ils se tenaient à 400 km (des eaux territoriales de l'Iran). Cependant, peu importe où ils se trouvent, si un conflit est déclenché, leurs navires de guerre seront les premiers à être ciblés par nos tirs", a martelé le général Hajizadeh.

L'Iran est "toujours prêt pour une grande guerre" avec les Etats-Unis, a-t-il ajouté.

Le général Hajizadeh a, également, rappelé l'abattage d'un drone espion américain "intrus" par les forces de défense aérienne de l'Iran au-dessus des eaux méridionales du pays en juin dernier, en expliquant que cela visait à défendre l'espace aérien national.

Candidat à sa succession, l'année prochaine, Donald Trump sait qu'un conflit militaire avec l'Iran, ne tournerait pas, forcément, à son avantage, les Iraniens étant très difficiles à manoeuvrer. On se souvient du conflit des Gardiens de la Révolution iranienne qui fit perdre la réélection de Jimmy Carter en 1980. On ne s'amuse pas avec les Mollahs. Trump sait jusqu'où ne pas aller trop loin pour ne pas compromettre sa réélection.

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