CONGO-BRAZZAVILLE : afriqueeducation.com a fait capoter le rendez-vous (de l'année) du dictateur aux Etats-Unis

L'information sur le voyage de Sassou Nguesso, à New York, nous a été donnée par une source sûre dont on taira le nom car sa tête est mise à prix par le pouvoir de Brazzaville. Il était 13h49 (12h49 GMT). C'est à 21h35 que afriqueeducation.com l'a, finalement, mise en ligne parce qu'il fallait procéder, auparavant, à quelques vérifications utiles.

Comme les Congolais le savent tous, et ce n'est un secret pour personne, les publications d'Afrique Education (magazine papier et site quotidien) sont les plus lus au Congo-Brazzaville. Contrairement à ce qu'on a tendance à penser, nos premiers lecteurs ne se recrutent pas dans l'opposition, mais, dans les cercles du pouvoir (PCT, Gouvernement, Parlement, Fonction publique). Le dictateur (tout comme certains membres de son entourage), rate, rarement, un numéro d'Afrique Education, même s'il ne le lit pas, entièrement, de la première page à la dernière comme le faisait feu le patriarche Ondimba.

Pour ne pas être accusé de faire de la désinformation (c'est la rengaine du pouvoir à notre endroit), nous avons pris le temps nécessaire avant de larguer cette info, sans utiliser le conditionnel, notre informateur ayant, souvent, des scoops d'une rare qualité.

La sortie de notre article a fait l'effet d'une mini-bombe, les réseaux sociaux prenant le relais, sans oublier d'autres sites qui reprenaient l'information. De leur coté, les services diplomatiques des Etats-Unis (où on aime lire également Afrique Education) ont, immédiatement, remonté l'information, confirmant le mécontentement des Congolais à l'endroit de Donald Trump qui, pour eux, était en train de rater son entrée à la Maison Blanche, le 20 janvier. La diaspora congolaise aux Etats-Unis n'était pas en reste, elle qui se préparait à défiler avec les banderoles et les pancartes pour dénoncer cette rencontre inopportune entre Trump et Sassou. Une catastrophe pour l'image du nouveau président américain ?

Voilà comment l'équipe (officielle) de Donald Trump s'est saisie, à son tour, du dossier, en apprenant, par surprise, qu'un « invité spécial » chef de l'Etat du Congo, mais, un chef d'Etat pas du tout recommandable, était en passe d'être, publiquement, reçu par Donald Trump. C'est ainsi que la machine de Sassou a été arrêtée nette. Mais, déjà, il y avait une avalanche de protestations contre Trump au point où sa porte parole, Hope Hicks, a de la peine, aujourd'hui, à faire passer l'info selon laquelle l'agenda du futur locataire de la Maison Blanche n'a jamais mentionné un rendez-vous avec le président du Congo, d'ici le 20 janvier 2017. La question qu'on se pose à Brazzaville est de savoir si le Congo (qui aurait déboursé beaucoup de dessous de table dans cette transaction) va être remboursé ?

Le dictateur, lui, étudie comment rentrer à Brazzaville (certainement en pleine nuit), après cette humiliation.

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